Bujumbura : Les refoulés de Gasenyi reviennent un en un


Les exploitants des 40 hectares environnant le nouveau palais présidentiel en cours de construction qui avaient été refoulés de leurs parcelles et leurs maisons démolies, il y a environ un mois commencent à revenir. Ces habitants réclament toujours leurs indemnités pour s’installer ailleurs.



Par: Isanganiro , jeudi 25 mai 2017  à 09 : 34 : 05
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A cet endroit, depuis le début de la semaine en cours, des maisonnettes apparaissent. Ces huttes en paille sont couvertes de tôles, d’autres en feuilles de palmier. Trouvé sur place, un père de cinq enfants dit ne pas savoir sur quel pied danser pour avoir une autre portion de terre à bâtir faute d’indemnisation sur sa parcelle de Gasenyi. Il indique qu’il avait été hébergé pour un certain temps par son ami. Refoulé avec sa famille, il décide de regagner sa parcelle de Gasenyi. "Je n’ai pas où aller. Mon ami m’avait hébergé avec ma famille pour deux semaines. Il m’a accordé deux semaines de plus. Incapable de tenir lui aussi, il a décidé de me chasser. Comme je ne pouvais pas mettre mes enfants dans la rue, j’ai pris la mesure de retourner dans ma parcelle", explique le propriétaire d’une hutte en paille nouvellement construite.

A quelques mètres de là se trouve une autre hutte. Approximativement, cette maisonnette mesure 3 sur 2 mètres. La propriétaire indique que leur retour est conditionné par la non indemnisation. "S’ils nous auraient indemnisés, je ne serais plus de retour. Si la question avait trouvé solution, j’aurais déjà acheté une autre parcelle à bâtir pour ne pas errer dans la rue avec ma progéniture.", regrette une mère.

Ces habitants sur place expliquent que leur retour à cet endroit interdit n’est pas un bras de fer pour s’opposer à la réalisation du projet du gouvernement. Ils affirment n’avoir aucune intention de résister mais plutôt qu’ils sont dépassés par les événements. "Nous serons sommés de céder la place mais sachez que nous n’aurons pas où aller sans ces indemnités.", se lamente une autre refoulée elle meme de retour sur site.

Au mois d’Avril, sous la supervision du gouverneur de Bujumbura Nadine Gacuti, un bulldozer portant une plaque d’Immatriculation du gouvernement burundais avait procédé à la démolition des maisons de se trouvant dans la superficie des 40 hectares abritant le nouveau palais présidentiel. Sous le choc, propriétaires de ces maisons , certains, des larmes aux yeux faisaient s’avoir qu’ils n’ont pas où aller faute d’indemnisation. Le jour de la démolition, le 11 Avril, Nadine Gacuti, Gouverneur de Bujumbura avait tenu une promesse de trouver un abri provisoire à ces anciens occupants.

Le porte parole du ministère de l’environnement demande à ces familles délocalisées d’attendre les résultats d’enquête déjà enclenchée qui concernent les irrégularités qui ont émaillé les travaux d’octroi des frais d’indemnisation qui ne seraient pas parvenus aux bénéficiaires. Omer Niyonkuru appelle les familles qui ont des difficultés de logement d’approcher l’administration de la commune Mutimbuzi pour des solutions provisoires.




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