Bujumbura : 11 employés de la Librairie Saint Paul en conflit avec la direction


3 employés ont été licenciés, 8 autres ont reçu une mise à pied de 10 jours. Selon certains employés, des revendications du personnel seraient à l’origine de ces sanctions, mais la direction fait savoir que les sanctions ont été prises sur base de fautes commises dans l’exercice de leur fonction.



Par: Pacifique Cubahiro , vendredi 21 juillet 2017  à 14 : 32 : 05
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Selon les employés mis en cause, tout commence par un courriel envoyé en janvier dernier par le personnel à la Révérende Sœur Générale de la Congrégation des Sœurs de Saint Paul à Fribourg en Suisse, gestionnaire de la librairie. Vient ensuite, une lettre du 4/03/2017 adressée au président de la Conférence Episcopale des Evêques Catholiques du Burundi, lui faisant par des points d’achoppement avec leur direction.

Dans cette correspondance, le personnel met en avant le mauvais climat de travail depuis que les Frères Bene Joseph ont cédé l’exploitation de la Librairie à cette congrégation. Ils évoquent plusieurs avantages aujourd’hui qui ne sont plus accordés au personnel. Il y a notamment la couverture des soins de santé à 100%, ainsi que la prise de décision par voie unilatérale par la direction.

Dans la même lettre, les travailleurs évoquent une faillite simulée pour réduire le personnel, alors que l’entreprise n’avait pas connu des méventes ces dernières années. « Le secteur Papeterie qui est le poumon de l’entreprise n’avait plus de produits pour servir notre clientèle. Cela parce les sœurs n’importaient plus les marchandises… » Lit-on dans cette lettre.

Les 11 signataires de la lettre recevraient plus tard des lettres de demande d’explications de la part de la direction qui les accusait de « persévérer à organiser une campagne de désinformation des plus hauts responsables de l’entreprise, de manquer à la probité et de dénigrer leur autorité directe… ».

Affaire portée devant l’Inspection Générale du Travail

Pour les signataires, la pression devenait énorme, disent-ils, qu’ils ont fini par se retrouver devant l’Inspection Générale du Travail, après avoir contacté un avocat-conseil à venir à leur chevet. Les deux parties ne sont pas parvenues à un accord, mais un procès-verbal de non conciliation a été signé.

Parmi les réclamations du personnel, outre les soins de santé, la direction devrait rétrocéder les salaires du 13ème mois pour l’an 2015 et 2016, les primes de bilan et de campagne. Elle devrait aussi et notamment organiser une harmonisation des salaires pour tout le personnel, verser les indemnités de fin de carrière, supporter les frais funéraires en totalité en cas de décès d’un travailleur.

Selon la direction de la Librairie Saint Paul, les primes, y compris les « 13ème mois » n’ont pas un caractère obligatoire et dépendent de la conjoncture économique. Elle avance que « l’harmonisation des salaires a été opérée sur base des critères clairs et précis dans la transparence, selon l’équivalence des diplômes et en vue de réduire les disparités salariales. »

Pour d’autres réclamations, le Code du Travail et le règlement d’ordre intérieur de la Librairie ont été une référence pour les satisfaire, selon la direction. Celle-ci affirment par ailleurs que le personnel n’est pas passé par les organes prévus par la loi pour faire parvenir leurs doléances. Du côté du personnel, le règlement d’ordre intérieur ne peut pas servir de référence car il a été mis sur pied unilatéralement par la direction en 2010 et que la même direction n’a jamais opté pour la voie du dialogue.

Après les conclusions de l’Inspection Générale du Travail, des lettres de licenciements et de mises à pieds ont été sorties, soit le même jour en date du 13/07/2017. Des sanctions que les travailleurs concernés affirment être liées à leur volonté de poursuite du dossier.

Selon la responsable de la librairie Saint Paul, Sœur Spès-Caritas Hatungimana, la procédure n’a rien à avoir avec les sanctions.« Ils ont été punis pour leurs manquements dans le travail quotidien à la Librairie ! » Se défend-t-elle.

Après l’échec du règlement à l’amiable à l’Inspection Générale du travail, certains employés sont décidés à saisir la justice pour obtenir gain de cause.




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