Muyinga : Vers la régionalisation agricole


Aucun cultivateur n’a plus le droit de se choisir librement quelle plante cultiver dans les marais de la province de Muyinga. Les services de la DPAE( Direction Provinciale de l’Agriculture et l’Elevage) détermine quelle culture adaptée et à quand l’exploiter.



Par: Isanganiro , mardi 1er août 2017  à 15 : 39 : 47
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Le marais de Cizanye séparant les communes de Muyinga et Butihinda est
divisé en deux parties : une partie est réservée aux plantations de patate douce, le reste est en cours de préparation pour le semis de la pomme de terre, a-t-on constaté sur place. Sur plus de cent hectares du marais de Kavuruga à cheval entre les communes Muyinga et Buhinyuza, c’est la riziculture.Ce n’est plus un secret, dans tous les marais de la province Muyinga, les cultivateurs s’adaptent désormais aux exigences des agronomes ; apprend-on de M. Roger Sendegeya, Directeur de la DPAE Muyinga. Les plantes prioritaires pour la saison C 2017 sont particulièrement la patate douce, la pomme de terre, les légumes et le maïs. ″Nous voulons lutter contre la faim par un encadrement serré des ménages agricoles″, affirme-t-il. Cette exploitation uniforme des marais permettra d’habituer petit à petit la régionalisation agricole, pour le moment ce sont les marais qui sont ciblés mais l’approche pourra être étendue à tous les domaines agricoles, ajoute-il.

Nouvelle approche pour quels effets !

Entre autres avantages de cette uniformisation des cultures figurent la facilité d’encadrement des cultivateurs, avis de M.Bosco NDAYIZEYE chargé de l’encadrement et vulgarisation agricole à la DPAE Muyinga. Pour cet Ingénieur, une fois les plantes groupées par zone, il est aisé d’en suivre l’évolution, intervenir à temps et avec des moyens raisonnables en cas d’attaque des maladies. ″Le constat est que
jusqu’ici, les cultivateurs testaient les cultures adaptées à telle ou telle autre zone par essai erreur″, martèle le même cadre à la DPAE Muyinga. La régionalisation permettra d’exploiter des plantes adaptées aux conditions pédologiques et climatiques de la zone concernée et par conséquent arriver à l’intensification agricole. C’est à ce prix qu’on produira plus sur de terres cultivables de plus en plus exigües, affirme-t-il.

Grogne de la part de certains producteurs agricoles

"C’est une première, on m’a empêché de cultiver du haricot sur mon lopin de terre au marais de Kibongera Commune Muyinga", déclare une cultivatrice sous couvert d’anonymat. Pour elle, cette nouvelle approche est synonyme d’ingérence dans la gestion des domaines agricoles. M. Macumi habitant de la colline Karemera commune Muyinga est plutôt prêt à payer vingt mille francs pour obtenir une dérogation auprès des administratifs à la base. On m’a obligé de planter la patate douce en lieu et place du riz que j’exploitais d’habitude sur ma parcelle, affirme-t-il. Les cultivateurs doivent s’y conformer sans exception, pas de dérogation possible, non seulement les rendements seront améliorés mais aussi l’approche sert à limiter les conflits entre cultivateurs, fait remarquer le Directeur de la DPAE Muyinga. Si
d’un coté, on exploite le riz avec le besoin d’irrigation et que parallèlement on plante la patate douce nécessitant moins d’eau, c’est normal que des conflits soient récurrents, rappelle ce Directeur invitant les cultivateurs à s’approprier l’approche pour l’intérêt général.




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