L’Afrique et le développement : « A des grands maux, des grands remèdes ! », dit Abber Bassiouny Arafa Radwan, Ambassadrice de l’Egypte au Burundi




Par: Isanganiro , jeudi 26 octobre 2017  à 12 : 08 : 47
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L’Afrique est le continent le plus riche en ressource naturel mais également le plus pauvre de la planète Terre. Le manque de la technologie, de l’expérience et l’éducation solide sont, selon l’ambassadrice de la République Arabe d’Egypte au Burundi Abber Bassiouny Arafa Radwan, certains des défis majeurs auxquels est confronté le continent noir. Dans une interview exclusive accordée au site de la radio Isanganiro elle indique que seule l’unité des pays à travers leadership fort et visionnaire permettra au continent noir de décoller économiquement.

R.I : La diplomatie égyptienne s’est longtemps dirigée vers les pays de la ligue Arabe. Pourriez-vous nous expliquer le pourquoi le revirement de cette politique qui fait que l’Egypte s’intéresse plus aujourd’hui aux pays du continent africain ?

Abber Bassiouny Arafa Radwan, (A.B.A.R) :L’Egypte est également appelé le don du Nil, Fleuve qui traverse plusieurs pays africains dont la source la plus méridionale se trouve au Burundi. Ce fleuve a une grande importance pour l’Egypte et est considéré comme le cordon ombilical qui le lie avec plusieurs pays d’Afrique. Dans le passé, l’Egypte s’est concentré sur son propre développement. Cependant, la stratégie a changé depuis un certain temps et a orienté vers un développement intégré de tous les pays voisins et surtout ceux de la zone de libre échange Comesa. Pour y arriver, nous menons des discussions qui nous permettent de dégager nos besoins dans le but de voir comment lever les défis. L’Afrique ne doit pas compter sur les aides externes pour se développer, c’est dans cette optique que l’Egypte organise une série de conférence et de réunion à l’intention des leaders Africains avec un seul objectif : le développement. Si le continent africain est majoritairement composé des jeunes , cela explique autant des besoins qu’il faut les satisfaire pour éviter le terrorisme et l’immigration illégale avec tous ses corolaires dont l’esclavagisme et le trafic des êtres humains. Cela est inconsolable voire inacceptable pour l’Afrique moderne indépendante. Ce n’était pas facile d’avoir l’indépendance et l’autonomie africaine car, ça a fait un bon nombre de victimes. D’où il faut défendre ces valeurs ces résultats qui ont été chèrement acquis. L’Afrique doit être un contenantdu future où la jeunesse constitue un facteur de développement et non un danger du terrorisme ou un symbole de la pauvreté.

R.I : Madame l’ambassadrice, parlons de l’économie. L’Afrique est un continent avec d’énormes ressources naturelles mais elle reste toujours dans la pauvreté. Pourquoi ?

(A.B.A.R) :Le développement du continent est au cœur du dialogue que mène l’Egypte avec ses frères du continent. L’Afrique ne peut se développer sans l’unité. Nous pouvons bien avoir toutes les richesses naturelles du monde mais lorsque nous n’avons pas la capacité de les mettre en valeur, comme par exemple l’extraction et la transformation des minerais sur le continent, l’exploitation du pétrole et du gaz etc., ça ne nous servira pas à grand-chose.
Le manque de la technologie, l’éducation nécessaire et de l’expérience, constituent des défis majeurs auxquels fait face notre Afrique. Depuis les années de l’indépendance, les multi-internationales et les compagnies occidentales ont investi en Afrique avec des conditions salariales très injustes envers les nationaux. Ce qui a fait que d’énormes profits quittent le continent pour faire la richesse d’autres cieux. Cela maintient l’Afrique dans la pauvreté car elle vend ses ressources naturelles à des prix dérisoires, mais achète des produits transformés à des prix exorbitants, avec comme conséquence la dette du continent. D’où la nécessité de développer les échanges et les investissements entre les pays africains afin de faire du profit sur place au profit de nos populations. Ainsi le nombre de pays émergent va s’accroitre grâce aux investissements de pays du continent qui sont avancés plus que les autres. A travers l’échange de l’expérience industrielle et de la main-d’œuvre de qualité dans des secteurs clés de développement comme celui de l’énergie. Une telle coopération pourra nous permettre de résoudre nos problèmes.

R.I : vous dites que l’Afrique a besoin d’une grande quantité de production de l’énergie, ce qui implique la nécessité qu’il y ait une capacité d’absorption de l’énergie produite. A considérer les pays du continent, est ce que nous sommes capables d’avoir de l’énergie qu’il faut pour les industries ? Mais également, est ce que nous avons le pouvoir d’absorption de l’énergie produite ?

(A.B.A.R):C’est le cas du Burundi. Oui, nous avons besoin de constituer notre réseau électrique mais aussi il faut voir s’il sera possible de payer l’énergie produite. Cela renvoie à l’éternel problématique de la pauvreté. Quand on n’a pas des moyens pour manger, difficile sera de trouver les moyens pour l’électricité. Il en découle de la responsabilité internationale pour doter certains pays du minimum d’infrastructures. C’est ce que nous demandons car l’Afrique n’est pas pauvre suite au manque des ressources mais suite au manque d’investissement pour le développement. C’est là ou on appelle tout le monde à investir pour conserver le profit dans le même pays et au plus sur le continent. Sur la question d’urbanisation, il ne faut pas que l’Afrique qui est naturellement rural soit transformée dans des communautés urbaines mais faire en sorte que des usines soient implantées dans des milieux ruraux. Ainsi en vue d’accroitre la diversité et l’accessibilité à l’emploi, et de là accroître le niveau de vie de la population. Au lieu d’être une solution, l’urbanisation est un problème en Afrique suite à l’exode rurale. D’où il nous faut un schéma inverse avec des régions rurales développées capable de produire pour l’industrie agroalimentaire.

R.I : Madame l’ambassadrice, la quasi-totalité des multi-internationales sur le continent est la propriété des pays orientaux et occidentaux, bref elle a la richesse africaine en main. Que doivent faire les pays africains pour que les dividendes naturelles fassent la joie du continent ?

(A.B.A.R) : La solution à ce défis est le développent des échanges régionales et le renforcement de partenariat public - privé. De la sorte, chaque région économique est appelée à renfoncement dudit partenariat. C’est dans cette logique que l’Egypte a, en 2016 organisé une rencontre entre les 3 grands foyers économiques qui sont la SADEC, l’UK, et la COMESA avec comme objectif d’amener les grandes compagnies africaines à travailler ensemble.

R.I : Madame l’ambassadrice, est-ce possible de nourrir toutes ces ambitions, au moment où la plupart des pays africains sont rongés par des crises politiques internes quasi permanentes ?

(A.B.A.R) :Il faut avouer que nous avons longtemps vécu ce problème. Avec la politique de diviser pour régner, hérité du colonialisme, la plupart des pays n’ont pas pu laisser derrière eux ce comportement pour qu’il appartienne à un mauvais souvenir. C’est un défi ! Il faut pouvoir rompre avec les divisions qui entrainent des frustrations à long, à moyen ou à court termes, des guerres civiles ou des massacres. Mais comment faut-il envisager à se défaire de cet état des choses ? C’est seulement en pensant pour un avenir, penser à la nouvelle génération car les violences et les guerres n’ont pas toujours été les caractéristiques de l’Afrique. Il fut un temps où l’Afrique était un continent de paix. Et bien, la guerre n’est pas une fatalité, nous sommes capables de construire la paix ! Sinon l’image de l’Afrique, continent de misère a été fabriquée et répétée dans le but de couper les racines entre les africains et instaurer l’individualisme, ce qui n’est pas de nature africaine dont la vie dépend des relations sociales.

R.I : Concrètement, quels sont les efforts que le leader africain doit conjuguer pour mettre fin à des crises internes et permettre le décollage des pays africains ?

(A.B.A.R) : Il faut se concentrer sur la jeunesse avec le renforcement des capacités et construire une éducation basée sur la technologie. Aux politiciens, nous conseillons de ne pas penser sur soi ou sur des intérêts sectaires uniquement. Il faut avoir une vision globale d’intérêt national. De cette manière, il est important de mettre de côté la vengeance individuelle ou collective, raison d’être du forum africain de la jeunesse organisé par l’Egypte du 4 au 9 Novembre prochain. Ainsi on aura une vision sur les aspirations de la jeunesse africaine afin de mettre sur pied des politiques qui répondent à leurs intérêts.




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