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Coopération franco-burundaise : Qu’en est-il aujourd’hui ?


La France poursuit son engagement aux côtés du peuple burundais en dépit des tensions politiques actuelles, explique Laurent DELAHOUSSE, ambassadeur de France au Burundi, dans une interview accordée à la radio Isanganiro. Il dit que son pays est prêt à redynamiser la coopération avec le Burundi à condition de respecter les valeurs démocratiques.



Par: Isanganiro , jeudi 15 mars 2018  à 10 : 10 : 35
a

Radio Isanganiro (R.I) : M. l’Ambassadeur, la France a dans le passé demandé l’envoi de 280 policiers Onusiensau Burundi, ce qui a envenimé les relations entre les deux pays. Quelle est la position actuelle de la France face à l’évolution de la situation politique du pays ?

Ambassadeur Laurent DELAHOUSSE (A.L.D) : L’envoi des policiers des Nations Unies au Burundi n’est pas une initiative française mais une décision du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le rôle de la France est d’avoir rédigé le texte car au sein de l’Organisation des Nations Unies elle est ce qu’on appelle le teneur de plume, vu qu’elle rédige les projets. Toutefois, ce n’est pas elle qui les adopte. C’est un texte qui résulte d’une négociation et qui a fait objet d’un consensus entre tous les membres du Conseil de sécurité. Ce n’est pas une affaire française, c’est une affaire du Conseil de sécurité des Nations Unies dont la France est un des quinze membres.

Les relations entre la France et le Burundi, nous les souhaitons aussi bonnes que possibles. Il ya beaucoup de sujets de convergence, mais il y a aussi beaucoup de sujet de divergence. Dans ce contexte la France souscrit pleinement à l’analyse partagée avec les pays de l’Union européenne (UE) et à l’adoption des mesures prises par celle-ci en raison de la situation en matière de droits de l’homme et de démocratie.

La France souhaite continuer à apporter sa contribution au développement du Burundi. Nous espérons qu’une amélioration de la situation en matière de droits de l’homme et de gouvernance démocratique pourra permettre la normalisation de nos relations.

R.I : Est-ce que la France est prête à plaider pour le Burundi ?

A.L.D : Le jour où la situation changera et où tout le monde sera satisfait dans les domaines précités, nous défendrons le Burundi. Nous sommes les amis du Burundi et nous serons ses meilleurs défenseurs dans toutes les instances. Nous attendons que la situation le rende possible, ce qui n’est pas encore le cas.

R.I : Quelle est la position de la France à l’égard des préparatifs du referendum constitutionnel au Burundi ?

A.L.D  : L’annonce par le gouvernement de son projet de modification de la constitution constitue, pour nous, une source de préoccupation. Nous estimons qu’il va à contrecourant des efforts de concertation et qu’il pourrait conduire à l’abandon de dispositions clés de l’Accord de paix d’Arusha. Cet Accord reste à ce jour le principal instrument pour la paix et la stabilité du Burundi et de la région. Nous considérons que seul un dialogue inclusif entre tous les acteurs politiques burundais permettra de trouver une solution durable à cette crise qui perdure.

R.I : Ne trouvez-vous pas que le gouvernement burundais a raison en parlant d’injustice quand on exige de lui un dialogue pour modifier sa constitution au moment où d’autres pays de la région ont déjà modifié les leurs ?

A.L.D
:Le Burundi peut modifier sa constitution. La France modifie sa constitution régulièrement, simplement nous parlons ici au Burundi d’une situation politique qui n’est pas stabilisée. Nous parlons également d’une constitution qui est le fruit des accords de paix d’Arusha. En cela la situation du Burundi est très différente de celle d’autres pays de la région. Ces accords ont mis fin à une guerre civile et ils sont le socle de la paix au Burundi. Vouloir les changer aujourd’hui nous paraît prématuré.

R.I :Pouvez-vous, Monsieur l’Ambassadeur nous parler de la coopération franco-burundaise et quel est votre apport au développement du Burundi ?

A.L.D :La France s’efforce de poursuivre son engagement aux côtés du peuple burundais dans les domaines des droits de l’homme, de la démocratie et du développement économique et social, en dépitdes tensions politiques actuelles. La France apporte au Burundi une aide importante à travers les fonds européens et les fonds multilatéraux, notamment dans le domaine de la santé. A titre bilatéral, la France intervient au Burundi à travers les programmes financés par l’ambassade et la coopération française, ainsi que ceux de l’Agence française de développement, qui effectue cette année un grand retour au Burundi.

La culture, le développement de la langue française au Burundi et dans la communauté de l’Afrique de l’Est, sont autant de domaines importants où la France intervient. Le renforcement des capacités des fonctionnaires de l’Etat, à travers notamment des stages de formation en France, permet au Burundi de conserver et de développer les compétences nécessaires pour la bonne gouvernance du pays. Nous soutenons les actions de défense et de promotion des droits de l’homme ainsi que les médias. Nous sommes les amis du Burundi, au point que j’essaie de convaincre les entreprises françaises que c’est important de venir regarder la situation au Burundi. A ce titre nous avons lancé à la résidence de France en octobre dernier une nouvelle société française qui fait de l’archivage, c’est une filiale de la société AGS. Cela prouve sa confiance dans l’avenir du Burundi pour y développer ses activités et créer des emplois.

R.I :Sur le plan de la Francophonie, quelle est la situation qui prévaut, vu qu’une délégation de cette organisation vient de séjourner au Burundi ?

A.L.D :L’Assemblée parlementaire de la Francophonie et l’Organisation Internationale de la Francophonie ont récemment envoyé des délégations qui ont visité le Burundi à la fin de l’année dernière. Ces deux délégations ont eu des contacts approfondis avec une très large gamme d’interlocuteurs. Cela leur a permis de s’imprégner de la situation réelle qui règne dans le pays. Les deux missions ont recommandé le maintien des mesures qui ont été prises par les instances de la Francophonie à l’encontre des autorités burundaises en raison de la violation des principes de l’organisation tels qu’exprimés dans la déclaration de Bamako de 2000.

L’Assemblée parlementaire de la Francophonie a toutefois recommandé la reprise de la coopération institutionnelle, ce dont je me réjouis. Ces rapports sont actuellement à l’examen de l’instance francophone. Toutefois, je crois que tant qu’il n’y aura pas de progrès importants dans les domaines de la démocratie et des droits de l’homme au Burundi, l’Organisation Internationale de la Francophonie ne sera pas en mesure de lever les mesures que j’ai mentionnées.

R.I : Le gouvernement du Burundi parle d’injustice sur le chapitre des sanctions. Qu’en dites-vous ?

A.L.D : Je constate que la majorité des pays africains membres de la Francophonie ne sont pas d’accord avec le Burundi, et ont décidé d’appuyer ces mesures pour inciter le Burundi à faire des progrès dans les domaines dont j’ai parlé.

R.I : Pourriez-vous nous parler M. l’Ambassadeur de la percée commerciale de la France dans l’espace anglophone, notamment la Communauté de l’Afrique de l’Est ?

A.L.D
:La région de l’Afrique de l’Est a été longtemps délaissée par les entreprises françaises qui avaient plus l’habitude de travailler en Afrique de l’Ouest, région qu’ils connaissent mieux. Mais depuis quelques années l’Afrique de l’Est comme l’Afrique australe sont devenues des zones d’intérêt pour les entreprises françaises. Avant de venir au Burundi j’étais ambassadeur de France au Zimbabwe où les groupes français sont devenus en 2016 les premiers investisseurs après les Chinois. Il ya d’énormes perspectives en Afrique de l’Est comme en Afrique australe. C’est une région en développement avec des pays soucieux d’attirer les investisseurs et je souhaite qu’il en soit de même pour le Burundi.

R.I : L’accord de partenariat économique (APE) a été rejeté par le Tanzanie et le Burundi. L’Ouganda peine également à s’engager. En quoi cet accord serait-il équitable pour la communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) ?
A.L.D :

L’A.P.E qui a été discuté et signé en partie par les pays de l’EAC est un accord qui a pour vocation de succéder à certaines dispositions commerciales des accords de Lomé puis Cotonou entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Il a fallu les modifier pour se conformer aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. Ils visent à préserver les facilités d’accès sans quota et à droit nul pour l’ensemble des produits de la communauté d’Afrique de l’Est et nous espérons que cet accord sera signé par les parties concernées. Je crois qu’il y a des difficultés au sein des pays de l’EAC, qui tiennent au statut différent du Kenya par rapport aux autres. Je ne doute pas que la Tanzanie et le Burundi parviennent à apprécier les avantages de cet accord avec l’Union européenne.

R.I :Quel est votre conseil aux hommes politiques burundais ?

A.L.D : Je crois qu’il faut dépassionner les divergences et arrêter deconsidérer ses adversaires politiques comme des ennemis. Les Burundais ont beaucoup de choses qui les unissent et je remarque chez les politiciens burundais la volonté de travailler pour l’avenir de leur pays. Je pense qu’ils devraient mettre un peu de côté leurs intérêts personnels pour s’intéresser d’abord aux intérêts du pays. Dans ces conditions, il est primordial d’accepter que les gens aient des solutions différentes à proposer et d’en discuter, pour trouver, comme cela a été le cas dans le passé, un consensus plus large qui permette de rétablir la situation et d’apporter la paix et la prospérité dans le pays.

(R.I) : M. l’ambassadeur, êtes-vous à l’aise de représenter votre pays au Burundi ?

(A.L.D) : Je suis très heureux de représenter la France et de vivre au Burundi. C’est un pays magnifique ! Les Burundais sont des gens formidables ! J’ai beaucoup d’amis et ça me fait plaisir d’interagir avec le peuple burundais. La situation est un peu compliquée mais être en poste à Bujumbura c’est à la fois passionnant et édifiant sur le plan personnel. J’apprends énormément au contact des Burundais et quand le moment viendra de partir, je garderai dans mon cœur une grande part pour le Burundi.




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