Vingt organisations de la société civile non satisfaites du verdict sur l’assassinat de Manirumva




Par: Désiré Nimubona , jeudi 24 mai 2012  à 15 : 55 : 43
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« La décision rendue le 22 mai 2012 au terme du procès des personnes accusées d’avoir tué Ernest Manirumva, un militant anticorruption burundais, a été une occasion manquée de rendre la justice, » lit-on dans un communiqué de presse rendu public ce mercredi par une vingtaine d’organisations de la société civile burundaise et internationales.

« Ce résultat est profondément décevant pour ceux qui se sont mobilisés afin que ses tueurs rendent des comptes, car des éléments de preuve potentiellement importants n’ont pas été pris en considération, » souligne ce communiqué de presse conjoint. D’après ces organisations, le parquet n’a pas terminé ses enquêtes ou tout simplement, il a passé à côté de ce qu’il devrait faire.

« Le parquet a obstinément ignoré les appels l’exhortant à enquêter sur de hauts responsables des services de sécurité et de la police nationale burundais susceptibles d’avoir été impliqués dans le meurtre d’Ernest Manirumva », souligne le communiqué, citant Hassan Shire Sheikh, directeur exécutif du Projet des Défenseurs des Droits Humains de l’Est et de la Corne de l’Afrique (EHAHRDP).

Selon le communiqué, le parquet n’a pas pris en considération certaines pistes et recommandations importantes provenant de rapports du Bureau fédéral d’enquêtes (FBI) des États-Unis, qui a apporté son aide lors des investigations, et d’une commission d’enquête, c’est-à-dire la 3ème commission, établie par les autorités burundaises.

Le communiqué des 20 organisations de la société civile burundaise et internationale souligne que depuis l’assassinat de Manirumva, le Gouvernement a laissé et la société civile et sa famille dans un flou total, soulignant que ces deux groupes (famille et société civile) croyaient que la justice ne sera « jamais » rendu dans ce procès.


Une impunité à l’actif du Gouvernement, selon Front Line Defender

Ces organisations soulignent que le Gouvernement a fait une culture d’impunité à grande échelle.

« Certains auteurs continueront à bénéficier d’une immunité de poursuites à moins que toutes les pistes crédibles ne fassent l’objet d’une enquête », souligne le communiqué, citant Mary Lawlor, directrice de Front Line Defenders, ajoutant qu’« après des années de mobilisation, le résultat obtenu aujourd’hui est un sérieux revers pour la société civile », ce qui traduit un sentiment de malaise chez la société civile burundaise et ses alliés.

« Un jugement de la honte », selon APRODH

Dans une conférence de presse ce mercredi à Bujumbura, le président de l’Association de Défense des Droits de l’Homme et des Prisonniers, APRODH, Pierre Claver Mbonimpa, a souligné que le jugement a été une pure honte surtout que les vraies coupables ont été épargné par la colère de la justice.

Qualifiants de boucs émissaires certaines gens en prison depuis un certain temps suite à cet assassinat, Pierre Claver Mbonimpa a souligné que les choses ne sont pas finies.

« Nous allons saisir des juridictions internationales, » a juré le président de l’APRODH.

Il a ajouté que les organisations de la société civile n’ont pas été surprises par ce verdict qui, selon lui, a été dicté par une main invisible qui protège aussi ceux qui ont joué un rôle de premier plan dans la mort de l’ancien vice-président de l’Olucome, Ernest Manirumva, tué par arme blanche en 2009.

Le tribunal de grande instance de Bujumbura a condamné 14 personnes à de peines d’emprisonnement pour ce meurtre.

Huit individus, dont l’ancien fugitif retourné au pays par la police canadienne, Gabriel Nduwayo alias Sésé et Hilaire Ndayizamba, ont été condamnés à la prison à perpétuité pour l’infraction d’assassinat de Manirumva, trois autres à 20 ans de prison pour infraction de complicité à l’assassinat. Trois policiers qui montaient la garde chez la victime ont été condamnés à 10 ans de prison pour l’infraction de manquements à la solidarité publique, selon le porte-parole du parquet de la république, Elie Ntunzwenayo, joint par téléphone.




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