Qui est Francine Niyonsaba ?




Par: , jeudi 9 août 2012  à 17 : 32 : 41
a

Francine NIYONSABA, cette jeune Burundaise est des « self made persons. Elle étonne tout le monde, de Nairobi, Ethiopie, Ouganda, Porto Novo, Monaco, …, jusqu’aux jeux olympiques de Londres. Mais elle bénéficie aussi des appuis multiples. Pour la connaitre, ses soutiens divers témoignent ! Qui est-elle ? D’où vient-elle réellement ? Quelles sont ses chances ? Et son Burundi alors ?
Audace Machado vous présente cette jeune athlète.

Sur la colline Nkanda (Kayongozi), à une vingtaine de km du centre de Ruyigi, (Est du Burundi), cette « antilope » burundaise voyait le jour le 5 mai 1993. Francine NIYONSABA grandit sous la protection jalouse de sa mère NIYOKWIZIGIRA Domitille et de ses grands parents.

Un pickup débarqua près de la maisonnette, à coté d’un bar, c’est là que cette adolescente évolue. Une très petite famille, modeste : « Je crois que ma mère va sortir de la misère », disait d’ailleurs Francine à KWIZERA Dieudonné au premier appel, après Monaco de juillet.

« C’était très clean la maisonnette, ce jour là, quand nous allions la prendre chez elle », me révèle l’Universitaire NTIMARUBUSA Frédéric, originaire aussi de la région. Sa mère, encore jeune, « était aux anges », voyant la camionnette qui avait traversé les montagnes pour la prendre.

Domitille ne pouvait pas cacher ses émotions à son contemporain, devenu dignitaire au pays : « Je ne me rappelais plus d’elle, mais elle devait être deux ou trois ans derrière moi, à l’école secondaire », dit Frédéric, Docteur en droit et Directeur Général de l’INSS (Institut National de Sécurité Sociale).

Celui-ci venait de décrocher une audience pour Francine, chez le Président NKURUNZIZA, alors qu’on ne parlait que de cette ‘inconnue’, depuis les jeux africains de Cotonou 2012. « C’est impensable qu’on l’ait envoyée représenter le pays dans une tenue pareille », se serait indigné NKURUNZIZA.

« Francine vient de loin ! », me confie l’Honorable NDORICIMPA Gabriel. Ce père spirituel de la future championne mondiale (croit-on au Burundi) l’a repérée en 2007 lors des compétitions scolaires à Ruyigi. Elle y participe, pour la première fois grâce au concours de Angélus NGENDAKUMANA, encadreur sportif local.

NDORICIMPA, lui-même, ancien athlète de la Brarudi, originaire de Kayongozi, il ne voyait rien d’autre à faire à l’époque pour encourager cette fillette, que lui donner en cadeau ses « Asics » utilisées (n’étant plus pratiquant).

Francine NIYONSABA a eu la chance, en tant que burundais : son enfance a traversé une époque de massacres ridicules des années 1990, mais sa famille ni sa région n’ont pas connu des pertes en vies humaines, malgré des idéologies de haine « ethnistes » qui n’avaient pas épargné sa région : « Je crois que la présence des réfugiés rwandais, nombreux dans la région à cette époque, a servi comme ‘équilibre de forces’. Mais aussi, l’intervention préventive des militaires du camp Mutukura dans le coin a fait qu’il n’y ait pas eu mort ni de Tutsi, ni de Hutu, Dieu merci », justifie Frédéric, l’intellectuelle de la région. Pourtant, tout était possible, si loin des yeux et de la vigilance de l’autorité centrale du pays ou de la province : « Il faut que j’aille au sommet de la colline pour lire les SMS que des amis m’envoient, à défaut de me joindre sur mon portable », explique Francine à Aloys HATUNGIMANA, un de ses bienfaiteurs et entraineur de Bujumbura, la capitale burundaise.
Une éducation jalouse !

Francine NIYONSABA a évoluée à l’école primaire de Kayongozi. De ses débuts en éducation, on y lit tout son caractère. Une fille ambitieuse : « Une fois à Ngozi, lors des jeux interscolaires, alors qu’elle se classait 3ème pour les 200 m, elle refusa de manger. Le lendemain, elle marqua une distance de plus de 20 mètres », se rappelle l’enseignant en éducation physique, HATUNGIMANA, A.

Mais cette fille veuille déjà à son avenir : « Elle excelle à l’école », confirme l’ancien éducateur, NDORICIMPA, G. Ce fut le cas aussi bien au collège communale qu’au lycée de Rusengo (Ruyigi) où elle commença son école secondaire.

HATUNGIMANA, A., éducateur au célèbre lycée de Vugizo (Bujumbura), trouvait que Francine méritait un encadrement surveillé et moderne et l’aida à trouver un internat au dit lycée. Il apparait que la « countrywoman », « venue de si loin », ne réussit pas à s’intégrer à la vie d’un tel internat exclusivement féminin et citadin « Comme elle jouait aussi au volley et basket-ball, les équipes adverses la pensaient garçon », se rappelle Aloys, en rigolant.

Sa qualité de vouloir apprendre et son humilité l’avanceront : « Elle questionne quand elle ne comprend pas. Quand je l’ai vue courir à Ruyigi, elle faisait 200 et 400 mètres. Vu sa condition physique qui me semble d’abord naturelle, vu son endurance, je lui ai suggéré de s’entrainer plutôt aux 800 mètres, heureusement ça lui réussit », témoigne Aloys.

Un de multiples talents cachés du pays !

L’Association d’Athlétisme de Ruyigi a fait les débuts de Francine, s’en vante son président NDORICIMPA. Mais Francine s’est illustrée parmi les meilleures athlètes féminins lors des compétitions organisées par l’Association Municipale d’Athlétisme de Bujumbura (AMABU), fondée et présidée par Dieudonné KWIZERA qui tient à sa
croyance : « Si vous voulez manger du poisson vous aller a la pêche et si vous voulez les athlètes il faut aller sur la piste ».

Alors que la Fédération d’Athlétisme avait abandonné les athlètes, au cours des 3 compétitions que AMABU a organisées cette années 2012, « Francine a remporté toutes ces compétitions et à chaque fois une double victoire au 400m et au 800m, et à chaque fois elle battait son record personnelle qui est en fait un record national, soit 2’10’’ pour les 800 m », observe KWIZERA,D.

« Comme Francine n’a personne de sa famille à Bujumbura, j’ai proposé qu’elle séjourne chez moi, mais ma proposition n’a pas été accueillie », révèle Frédéric. Surement, une question de ne pas l’incommoder.

Pour ses entrainements ou séjour, elle a sa petite chambre à l’hôtel Saint Michel, que NDORICIMPA paie. Au court de ces compétitions organisées par AMABU, elle a été retenue parmi les athlètes qui sont allés au meeting de Kampala : « J’ai du toucher dans mes poches, au-moins pour le ticket », déplore fièrement NDORICIMPA. Elle fit 2’02’’29 aux 800 m. « Et ce fut sa première sortie internationale qu’elle l’emporta première dans la sous-région », dit dignement l’ancien international au 800 m, KWIZERA, D. Déjà, HARERIMANA Tharcisse, Secrétaire Exécutif du CNO (Comité National Olympique) l’avait intégrée à l’équipe nationale olympique, depuis avril.

Le 1er juillet 2012, juste 3 mois après ses « débuts », Francine NIYONSABA rentre de Porto Novo, médaillée d’Or aux championnats d’Afrique pour les 800 m : 1.59.11. Juste à sa deuxième sortie internationale. « Elle devient ainsi la toute première burundaise à gagner une médaille d’or aux championnat d’Afrique », rappel de KWIZERA. Celui-ci s’étant investi pour que Francine participe au « Meeting Samsung Diamond League » de Monaco, ce fut une occasion que la burundaise étonne le monde
(1.58.68) se classant 2ème devant la championne américaine et la célèbre Sud-Africaine Semenya. Un seul défi jusque là : la russe Yelena KOFANOVA.

Ce soir, j’appelai KWIZERA pour qu’il arrange un accompagnement digne à Londres. La langue anglaise, l’ambiance olympique, la société occidentale, des jalousies concurrentielles, etc., tout cela ne me tranquillisaient pas. Je fus insistant. De meme, ce vendredi soir, alors que j’appris ses exploits à Monaco, je demandais à deux proches de Nkurunziza de proposer celui-ci un appel téléphonique d’encouragement. Peut-être qu’on l’a fait. Ailleurs, on apprit qu’Obama le fit plus tard pour ses concitoyens. C’est tout un marketing qui nous manque. Mais Francine, je la trouve dans plusieurs bonnes mains pour la conseiller pour l’avenir, même des personnalités à bras long sur le plan international tels Nsekera, Kwizera, Harerimana,etc.

A la rentrée scolaire prochaine, Francine débute la dernière année du secondaire au Lycée de Kayongozi et ; elle pourrait ainsi continuer ses études universitaires où elle « voudrait », quand plusieurs filles de sa génération et de chez elle continuent-elles à fréquenter les bars, plusieurs autres, mères de famille ! Oui, comme le disait son grand frère de piste, Kwizera, n’avait pas tort : « La piste l’a pêchée », mais the best is yet to come !




Twitter cet article// Partagez cet article sur Facebook

4730 ont visité l'article



Votre réaction sur l'article/émission/brève..

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Ecrire un message à l'auteur de cet article

Envoyer un message