Un nourrisson éloigné de sa maman à base de conflits




Par: Désiré Nimubona , mardi 7 mai 2013  à 14 : 10 : 06
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Un bébé âgé à peine d’un mois est recherché par sa mère du nom d’Uwimana Reine Joselyne (photo)après que celle-ci s’est bagarrée avec son compagnon dans un bistrot dimanche tard la nuit.

« Je suis allé chercher des frais pour les soins de santé de cet enfant mais le père de l’enfant [ Gakwaya Augustin, Ndlr]s’est caché et je l’ai attendu toute la journée. La nuit j’ai appris qu’il était dans un bistrot dénommé Cœur d’Afrique au quartier Asiatique et je suis parti le voir.

Arrivé, il m’a donné des coups de tête, des coups de poing et je suis tombée parterre et j’ai perdu conscience », a raconté Uwimana, visiblement avec un visage couvert de sang.

Quand je suis tombé, je ne sais pas celui qui a pris l’enfant car je me suis relevé et je me suis sauvé en courant « après l’agression », a-t-elle continué.

« Je demande que cet enfant me soit remis et je demande à la police d’intervenir le plus rapidement possible car j’ai peur de la sécurité de ce bébé car il venait de passer quatre jours sans téter », a souligné Mme Uwimana, qui avait été relâchée de la prison de même jour de la bagarre.

Cette femme dit avoir été emprisonnée suite à sa demande des soins de santé de cet enfant, un enfant qui est aussi malade et qui a été soigné grâce à un particulier de bonne fois au moment où les parents se bagarraient.

Cette femme qui dit avoir passé toute la nuit à saigner par la bouche et le nez se dit victime d’une union avortée entre elle et un homme du nom de Gakwaya Augustin, actuellement injoignable. C’est ce même Gakwaya qui, selon elle, l’a battu ce dimanche soir, une information confirmée d’ailleurs par tous les témoins rencontrés.

La mère de l’enfant accuse la famille de son compagnon de l’avoir mis en prison pendant quatre jours pour essayer de la séparer de son nourrisson.

Des pistes possibles

Cet enfant dont la santé est fragile et qui vient de passer quatre jours sans avaler une seule goute du lait maternelle se trouverait encore dans la ville de Bujumbura. Dans nos recherches, deux grandes pistes se sont dégagées. L’une est l’hôtel où travaillait le père de l’enfant et l’autre sa famille.

Un témoin retrouvé sur le lieu de la bagarre mais qui a requit l’anonymat raconte : « La femme est venue avec une détermination pour exiger que son ancien compagnon lui donne de l’argent. Attaqué par derrière, l’homme a été renversée d’abord par sa fiancée, puis ils ont lutté jusqu’à ce que la femme soit maitrisée ».

Ensuite continue t-il, « lors de cette bagarre, l’enfant est tombé aussi, mais a été récupéré par un homme sage qui lui a remis par la suite à son père et il est parti avec le bébé ».

« On a dit à son père qui accepte aussi sa paternité de l’acheter du lait et de le prendre à domicile » continu un autre témoin qui dit avoir « conseillé que les deux parents ne se battent dans la rue alors qu’ils ont eu ensemble un enfant ».

La mère de l’enfant semble pourtant avoir d’autres informations. Selon elle, certains éléments de la famille élargie de son ancien compagnon savent beaucoup de choses sur l’endroit où serait caché l’enfant.

« Il est dans la chambre de l’hôtel Touriste au Quartier Asiatique », laisse-t-elle savoir, dénonçant une forme de solidarité entre certains membres de la famille de Gakwaya contre elle pour « enlever l’enfant alors que la loi n’autorise pas la séparation d’un nourrisson de sa mère sauf en cas de difficultés ou incapacités prouvées par la justice ».

Hôtel Touriste a réagit aussi face à ces accusations. « L’enfant n’a jamais été hébergé dans cet hôtel » nous dira un travailleur sous couvert d’anonymat. Par ailleurs continuera t-il, « Gakwaya ne travaille plus ici, on l’a licencié sur fond de ce même problème ».

Uwimana qui dit connaitre la famille dit pourtant que ce licenciement est une pure farce surtout que l’hôtel est géré par la famille elle-même et que les employés sont des membres de cette même famille qu’elle accuse d’avoir « kidnappé » son bébé.

Deux frères du père de l’enfant n’ont pourtant pas réagit face à notre demande, bien que l’une des pistes se dirigeaient vers eux. L’un d’eux qui avait été saisi le premier grâce à son âge un peu avancé à refusé de faire un commentaire soulignant tout simplement qu’il n y connaissait rien.

L’autre dont le nom serait Gagarine contacté, avait promis de réagir face à des accusations des témoins selon lesquelles, l’enfant serait caché dans sa maison. Pour la sixième fois consécutive sans répondre à notre appel, il a promis de réagir en fin, dans « vingt minutes » car, disait-il, il roulait dans un véhicule.

« Je suis au volant », nous dira t-il, avant de refuser de répondre à notre appel 20 minutes plus tard. Lundi soir, les informations selon lesquelles l’enfant serait toujours dans cette famille circulaient, mais sans possibilités de la joindre pour sa réaction.

La police et les défenseurs des droits de l’enfant parlent

Christine Ntahe, activiste de la Société Civile pour les droits de l’enfant, dénonce un acharnement contre un innocent dans cette affaire. A la tete d’une ONG locale Bon Geste qui s’occupe des enfants en difficultés, Ntahe appelle à la responsabilité et la police.

Selon elle, « il est impossible de séparer un enfant de sa mère avant 7 ans ». Ntahe souligne que « rien n’est propre que le lait maternel et demande que cet enfant soit remis à sa mère en attendant l’âge requis pour être donné à son père » pour qu’il puisse aussi être allaité.

Issu d’un couple légalement marié ou non, Ntahe déclare que l’enfant n’a rien à voir avec les conflits de ses parents, raison pour laquelle « séparer un enfant de sa mère alors qu’il a encore besoin d’être allaité est une faute ».

Lors de cette séparation qualifiée de "précoce", Ntahe regrette que l’enfant puisse attraper des virus issus d’un manque d’attention, liés notamment à l’usage des biberons moins propres, sans compter l’importance de l’affection maternelle pour un enfant qui a besoin de grandir, qui va manquer à des enfants qui ont des problèmes du genre.

Au Burundi, ajoute Ntahe, des enfants sont souvent dans des situations du genre, regrettant que même certains des intellectuels se comportent comme les autres qui ne savent pas la loi en la matière.

Christine Nsabiyumva à la tête de l’Unité Spécialisée de la Police des Mineurs et des Mœurs demande à cette femme de saisir la police le plus rapidement possible.

Par ailleurs, estime-t-elle, l’enfant à droit à la vie et les parents ont le devoir de le faire vivre, quelque soit les conditions de sa naissance. Elle aussi, comme Ntahe l’a souligné, l’enfant doit être gardée par sa mère jusqu’à l’âge de 7 ans.




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