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Affaire Nyakabeto : lourdes sanctions contre les opposants à l’expulsion




Par: Poly Muzalia , mercredi 5 juin 2013  à 15 : 10 : 06
a

23 condamnations, un seul acquittement. Des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement dont certaines avec sursis. Des amendes jusqu’à 60 000 FB.

Le verdict a été sévère pour les 24 personnes accusées d’avoir jeté des pierres à la police lors de l’expulsion de la famille Nyakabeto d’une maison de Ngagara.

La décision du tribunal de grande instance de la mairie de Bujumbura est tombée le 4 juin autour de 20 heures. Le public, venu nombreux, est resté là toute la journée. Des proches des accusés pour la plupart. Ils espéraient un jugement plus clément. Ils sont rentrés déçus. Pourtant, dans la matinée quand le procès a commencé, rien ne laissait présager une telle issue.

Un flot d’applaudissements. C’est ainsi qu’ont été accueillis les 24 accusés au tribunal. Amis, parents, voisins, ils étaient près d’une centaine à venir témoigner leur soutien aux 24 prévenus. Flanqués de leurs tenues vertes, menottés deux à deux, certains d’entre eux ont même serré des mains de leurs proches avant d’entrer dans la salle. Pourtant les accusations qui pèsent sur eux sont lourdes : rébellion, coups et blessures volontaires, outrage envers les autorités. Des faits passibles de plusieurs années de prison.

12 heures. Dans la salle d’audience archicomble, le murmure s’amplifie lors de l’entrée des 24 accusés. Des proches des prévenus aux simples spectateurs en passant par la meute de journalistes, difficile de trouver une place assise. Certains suivent le procès à partir de la fenêtre.

Hélène est venue soutenir son cousin. "Il était seulement de passage dans cette rue", explique-t-elle. Et de poursuivre : "nous sommes étrangers ici, les histoires politiques des Burundais ne nous concernent pas". Elle espère simplement que son cousin sera libéré. Comme elle, Irène une jeune fille de Ngagara est venue assister au procès. Derrière ses lunettes de soleil, elle dénonce "l’injustice" que subit son frère, également incarcéré. Selon elle, celui-ci ne faisait pas partie des personnes qui ont lancé les pierres contre la police.

Déception

A l’appel de leurs noms, les 24 accusés se pointent un à un à la barre. Des jeunes hommes pour la plupart. Parmi eux, deux personnes malades dont la défense demande la libération pure et simple. L’un souffrirait même d’un sérieux trouble mental.

D’entrée de jeu, le collectif des 14 avocats de la défense étale les "insuffisances du dossier". Elle dénonce des irrégularités de procédure, vite balayées par le tribunal. S’ensuit alors un véritable duel entre avocats, juges et ministère public sur le fond de l’affaire. Ils plaident l’innocence de leurs clients. Leur seul tort aurait été de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Rencontré dans un des couloirs du tribunal, en compagnie de proches d’accusés, Vital NSHIMIRIMANA, président FORSC (Forum pour le Renforcement de la Société Civile) ne décolère pas. Il dénonce un "procès injuste", fustigeant au passage la décision de la CNTB (Commission nationale terre et autres biens), qu’il qualifie de "hautement politique". C’est l’expulsion ordonnée par cette institution qui a été l’élément déclencheur des échauffourées au quartier Ngagara.

Un à un, les dossiers se suivent à la barre. Les avocats de la défense redoublant d’ardeur et multipliant les arguments en faveur de leurs clients. Les plaidoiries s’enchaînent et les heures aussi. Le tribunal prend enfin les dossiers en délibéré.

Il est autour de 18 heures 30 et l’obscurité envahit déjà la salle. Le public ne se décourage pourtant pas, affrontant chaleur, moustiques et fatigue : ils tiennent à assister au prononcé.

Autour de 20 heures, le jury peut enfin rendre sa décision. De la prison ferme et des amendes pour 23 des 24 accusés. La pilule est dure à avaler pour les prévenus ainsi que pour leurs proches. Certains éclatent en sanglots devant la rigueur de la sanction.

Un groupe de jeunes déploie des banderoles sur lesquelles on peut lire : "Libérez ceux qui sont détenus injustement car ils n’ont aucune charge contre eux sinon incarcérez nous tous".

Un à un les désormais condamnés montent dans un camion sous bonne escorte policière. L’occasion aussi pour leurs amis de leur lancer un ultime cri d’encouragement.




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