La carrière professionnelle du footballeur Saidi NTIBAZONKIZA




Par: Désiré Hatungimana , jeudi 29 décembre 2011  à 15 : 45 : 52
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Saidi Ntibazonkiza qui évolue aujourd’hui en Pologne est sans doute le meilleur jouer de l’équipe nationale de football du Burundi. Il a passé de Vital’o à NEC en Hollande pour atterrir en Pologne où il est le joueur le mieux payé de son équipe, Cracow Cracovia. Désiré Hatungimana a pu s’entretenir avec lui sur le parcours de sa carrière footballistique.

Désiré Hatungimana  : Bonjour Saido


Saidi Ntibazonkiza
 : Bonjour

D .H. : Comment avez-vous commencé votre carrière sportive

S . N : (rire) Franchement relater l’histoire de comment j’ai débuté ma carrière comme professionnel du début à la fin me prendrait trois jours au moins. Vous savez qu’il n’y a pas de professionnels ici chez nous parce qu’un joueur de Vital’o ne peut pas dire qu’il est pro. C’est vraiment compliqué. Je remercie Dieu pour avoir franchi cette étape.


D.H. Comment êtes-vous arrivé en Hollande ?

S.N. C’est une longue histoire. Je remercie Dieu car j’ai eu un manager sérieux ce que manquent beaucoup de joueurs africains qui se rendent en Europe pour tenter leur chance. Il m’a conduit dans l’équipe B de NEC. Je me souviens que j’ai marqué 2 buts dans mon premier match. Le Président de l’équipe m’a beaucoup apprécié et dans un mois j’étais dans l’équipe A où j’ai passé 4 saisons et demie. Mon rêve venait d’être réalisé et j’ai commencé ma vie professionnelle. Dans cette équipe on m’a vraiment fait grandir. Je réalisais de très belles choses sur le terrain. J’étais parmi les joueurs les plus aimés de mon équipe. Jusqu’aujourd’hui NEC aimerait que je revienne mais j’ai un contrat actuellement en Pologne que je dois honorer. J’ai vraiment laissé un nom en Hollande.

D.H. Qu’avez-vous appris dans cette équipe  ?

S.N. Je vous ai dit que NEC est ma première équipe comme professionnel. J’y ai appris beaucoup de choses. La première chose qu’on m’a apprise c’est le respect, le respect de ton travail, en suite on nous apprenait à être fort mentalement et en fin la tactique occupe beaucoup de temps ce qui nous manque dans notre équipe nationale

D.H. Comment la journée d’un professionnel est organisée ?

S.N. Joué au football est un métier difficile. La plupart des gens pensent que le footballeur est là pour jouer 90 minutes puis rentrer cher lui. Ce n’est pas ça. Un professionnel a un calendrier chargé et il est suivi par beaucoup de gens, les journalistes et surtout les paparazzis.Tu dois te contrôler sérieusement car tu ne sauras jamais qui va te prendre une photo et ça peut perturber ta carrière. Souvent on s’entraîne deux voire trois fois par jour, et il arrive qu’on ne rentre pas après l’entraînement.
La Pologne est un pays vaste. Quand nous jouons à l’extérieur, ce sont de longs trajets .Nous passons jusqu’à 8 heures dans le véhicule. Franchement on n’a pas de repos.

D.H Pourquoi avez-vous quitté la Hollande ?

S.N. J’ai eu des contacts, et parce que je venais de passer 4 ans et demi en Hollande, je me suis dit qu’il faut que je change. En Pologne par exemple, il y avait un ami avec qui on jouait ensemble en Hollande qui m’a proposé de le rejoindre, c’est mon capitaine et j’ai accepté .C’ est la vie et il y a l’avantage pour moi en Pologne. Quand je suis parti on me disait que le football polonais est en dessous de celui de la Hollande mais ce n’est pas mon constat. Le foot polonais est très physique. Je vous dirai même qu j’avais des facilités en Hollande qu’en Pologne. La différence ce n’est pas le niveau mais le style de jeu. Chacun joue en pensant à son avenir, heureusement pour moi puisque j’ai plus d’avantage en Pologne qu’en Hollande.

D.H. Avez-vous l’idée de changer encore une fois ?

S.N. Oui, je suis sollicité par plusieurs clubs, mais mon équipe ne veut pas me lâcher. On dit que je suis le meilleur de mon équipe mais je ne sais pas, ce qui est sûr est que je suis le mieux payé de l’équipe et que j’ai marqué l’histoire de cette équipe car je suis le joueur le plus cher de l’histoire de Cracow Cracovie. Je pense d’ ailleurs que c’ est pourquoi il sera difficile de me céder à une autre équipe. Mais dans mes plans je me prépare à aller voire ailleurs encore une fois.

D.H .Quelles sont vos préférences ?

S.N. N’importe où pourvu qu’on satisfasse mes besoins. Le football est le même détrompez vous. Qui aurait pensé que Et’o soit aujourd’hui en Russie ? Anelka en Chine ? Là où je trouverai mieux, je suis preneur.

D .H. Que pensez-vous du Qatar à la fin de votre carrière ?

S.N. Je ne suis pas encore là mais peut être qu’à 30 ans et plus j’ y penserai .

D.H. Pourquoi le Burundi compte peu de professionnels ?

S.H. Les managers ne peuvent pas s’aventurer dans des pays comme le notre où il n’y a pas d’écoles de football. Ils sont au Ghana, en Côte d’ Ivoire partout où il y a des écoles de football et ce sont ces mêmes pays qui sont les mieux représentés en Europe et ailleurs.

D.H. C’ est pourquoi vous avez créé l’école de football « Les jeunes Athlétics ? »

S.N. Bien sûr. Avec ce centre, j’espère que dans trois ou cinq ans, certains jeunes iront passer des tests en Europe. J’ai déjà commencé les contacts avec les managers.

D.H. Quel a été votre sentiment après votre montée en 2ème division avec les jeunes Athlétics ?

S.N. C’était la joie totale. Je remercie énormément le Président de ce centre KEZAKIMANA Christophe Saplai pour le travail accompli. C’est une étape qui nous permettra de bien bosser pour pouvoir atteindre la première division.

D.H. Que pensez-vous de l’avenir de l’équipe nationale ?

S.N. Bonne question. Notre équipe connaît beaucoup de problème .Si on ne corrige pas rapidement on ne gagnera jamais. Il faut sélectionner les meilleurs. Il y a trop de problèmes. Prenons par exemple le cas du Lesotho, comment une équipe qui est visiteuse vous accueille dans votre propre pays. Moi d’ ailleurs ça commence à me fatiguer. C’est vrai je représente mon pays mais c’est énervant si les choses sont mal organisées. Que les entraîneurs prennent les meilleurs càd mettre de côté les sentiments, que nous soyons soutenus, que les entraînements commencent à temps, les résultats ne tarderont pas à venir. Mais si l’entraînement est d’une semaine au plus deux, on n’arrivera pas à grand-chose. Il y a des gens qui nous soutiennent, c’est une bonne chose mais il faut aussi savoir ce que veulent les joueurs.

D.H. Au mois de mars 2012, le Burundi jouera contre le Zimbabwe êtes-vous optimistes ?

S.N. Si les choses restent telle qu’elles sont, on n’a aucune chance. Le Burundi a des talents énormes mais mal exploités. Si ce sont les meilleurs qui sont sélectionnés et que le regroupement commence à temps et que les joueurs sont réellement motivés nous sommes capables de battre n’ importe quelle équipe.

D.H. Saidi Ntibazonkiza , je vous remercie .
S.N . Merci Désiré




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