Radio-Télévision Isanganiro

HRW revient sur les grands événements qui ont marqué le Burundi en 2011 en droit de l’homme


L’année 2011 a été une année dure pour les médias privés, les avocats et même certains partis politiques, selon l’Organisation de Défense des Droits de l’Homme, HRW, dans un communiqué de ce lundi.

« Jean Claude Kavumbagu, un journaliste accusé de trahison après son article de 2010 mettant en cause la capacité de l’armée à répondre aux attaques d’Al-Shabaab, a été libéré le 13 mai 2011. Il a été reconnu coupable de «publication d’un article susceptible de porter atteinte au crédit de l’État ou à l’économie» et condamné à huit mois de prison, mais a été libéré peu après le procès car il avait déjà passé dix mois en détention provisoire » souligne le communiqué de presse.

Bob Rugurika, rédacteur en chef de la Radio Publique Africaine, RPA, a été convoqué au parquet à de nombreuses reprises et interrogé sur les émissions la radio, souligne le communiqué. La RPA était accusée de «diffuser des informations qui incitent la population à la désobéissance civile et incitent à la haine ethnique», lit-on dans ce communiqué.

La RPA, tout comme la Radio Isanganiro, ont été objet des convocations par le parquet. Ainsi, souligne le communiqué, Patrick Mitabaro, rédacteur en chef de Radio Isanganiro, a également été convoqué après que sa station a diffusé une interview avec l’ancien porte-parole du parti FRODEBU, Pancrace Cimpaye. Il a été accusé, entre autre, de diffuser des informations qui pourraient affecter la sécurité de l’État.

En plus, selon le HRW, des avocats n’ont pas été épargné par la colère de la justice burundaise avec l’emprisonnement de certains des avocats du barreau de Bujumbura. Me Suzanne Bukuru, Me Isidore Rufyikiri de même que Me François Nyamoya ont logé tour à tour dans la prison centrale de Mpimba, souligne le communiqué de HRW, évoquant, par voie de conséquences des conditions de travail difficiles à la fois pour les avocats de même que les défenseurs des droits de l’homme, au Burundi, en 2011.

Les organisations des droits de l’homme telles que l’Aprodh, de Pierre Claver Mbonimpa, et surtout le président de l’Olucome Gabriel Rufyiri, l’Organisation de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques, ont été objets des convocations par la justice burundaise, des convocations jugées comme une déstabilisation pure et simple par le pouvoir selon l’ONG.

Human Rights Watch déplore que depuis le retrait des partis de l’opposition des partis du marathon électoral en 2010, le terrain politique pour l’opposition s’est réduit considérablement, laissant le parti présidentiel le monopole sur le terrain politique.

Entre temps, souligne le communiqué, les violences ont augmenté depuis le début de 2011, et les SNR, les jeunes du parti présidentiel et les éléments du FNL pro Agathon Rwasa ont été cités dans des actes de violences, selon le communiqué.

« En réponse(…), des groupes armés, dont certains seraient associés avec les FNL, ont augmenté les attaques contre des membres et des responsables locaux du CNDD-FDD », souligne le communiqué.

En 2010, la représentante de cette organisation Neela Ghoshal a été expulsée du Burundi et son permis retiré par le Gouvernement suite aux critiques que cette organisation avait émises à l’égard de certains hauts gradés de la police burundaise. HRW dénonçait la recrudescence des violences politiques quelques mois avant les élections communales de mai 2010, dont les résultats ont été rejetés par l’opposition burundaise, s’indignant sur le rôle présumé de certains agents dans ces violences.

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