
La communauté est africaine, EAC, se dote d’ici peu d’un système commercial dénommé “ASSET” qui permettra de réduire les coûts de transit et les barrières obstruant le commerce transfrontalier entre les pays membres, c’est ce qu’affirme Kieran Holmes, Commissaire Général de l’Office Burundais des Recettes, OBR.
Dans un entretien accordé aux journalistes en marge d’un atelier d’information organisé par l’OBR et Trade Mark Est Africa (TMEA) ce lundi à Bujumbura, atelier visant la sensibilisation des acteurs économiques sur ce nouveau système, M. Holmes a indiqué que, si les dépenses relatives au transfert des biens deviennent énormes, ce sont les consommateurs qui en payent cher, d’où alors le besoin d’un système pouvant permettre la réduction des coûts des échanges commerciaux au sein de la Communauté Est Africaine.
« L’OBR n’est pas là pour collecter seulement les taxes, mais aussi pour faciliter le commerce dans l’intérêt, non seulement des commerçants, mais aussi des consommateurs. Si nous voulons réellement aider les burundais à sortir de la pauvreté, nous devons nécessairement réduire les coûts du business pour permettre l’entrée et la sortie des biens commerciaux sans beaucoup de dépenses.
«Le système actuel de garantie coûte énormément cher aux commerçants. Une fois que la nouvelle procédure entre en vigueur au sein de l’EAC, nous espérons qu’elle sera moins chère et par conséquent, réduira les coûts du business au Burundi ainsi qu’à travers toute la sous-région,» a-t-il indiqué.
{{Comment ça fonctionne?}}
Le système ASSET est un système alternatif de gestion des transits conçu dans le cadre de la facilitation du commerce au sein de l’EAC, selon Aimé Nzoyihera, Directeur Informatique et e-business au sein de l’OBR, l’autorité chargée de la collecte des revenus au Burundi.
« A travers le système ASSET, l’autorité fiscale du pays de destination sera avertie sur les marchandises qui vont entrer au pays. A son tour l’autorité calculera le montant de tous les frais y relatifs (droits de douanes, …) que l’importateur ou son agent devra payer à partir d’où qu’il soit dans n’importe quelle banque incluse dans le système, sur un compte bloqué auquel toutes les autorités fiscales des pays membres auront accès.
« Dès réception du dépôt, la banque émettra un numéro unique qui servira de garantie unique dans tous les pays de transit jusqu’à destination. Le numéro et la confirmation de paiement seront communiqués à tous les services de douanes de tous les pays membres.
« Dès réception et confirmation du paiement, la déclaration de douane au premier pays d’entrée sera approuvée et l’expédition autorisée vers le point de sortie.
« A chaque poste frontalier de sortie, un message automatique sera envoyé au gestionnaire du compte bloqué confirmant que les marchandises auront transité et seront sorties en toute sécurité et que l’autorité fiscale dans ce pays n’aura aucun intérêt dans le montant déposé au compte.
« En cas de perte des marchandises en cour de route, l’autorité fiscale dans le pays où les marchandises en transit auront été déversées accédera au compte bloqué et récupérera les montants payables à partir de ce compte.
« Si les marchandises arrivent à la destination en toute sécurité, l’autorité fiscale en autorisera l’utilisation à domicile après vérification et récupéra le montant déposé au compte bloqué qui sera utilisé comme droits de douanes et taxes exigibles.»
Ce nouveau système n’a pas manqué de résistance par les acteurs commerciaux, notamment à propos du rôle des commerçants, des banques, des douanes, et toutes les autres organisations ayant un rôle à jouer dans le commerce.
Kieran Holmes dit comprendre toutes ces inquiétudes, ce qui est normal pour lui, vis-à-vis d’un tel système nouveau auquel les acteurs commerciaux ne sont pas familiers. Il indique que le système est encore au stade d’essai et sera bien préparé pour qu’il soit plus bénéfique aux commerçants et aux consommateurs, et cela dans l’objectif de réduire les coûts.
De son côté, Aimé Nzoyihera, Directeur Informatique et e-business au sein de l’OBR, indique que le processus arrive au stade final car, précise-t-il, le système ASSET qui va gérer la distribution numérique des messages entre les organisations qui travailleront ensemble est déjà prêt.
«Il reste à connecter le système ASSET avec les systèmes en cours dans les systèmes douaniers en Tanzanie et Burundi, pays pilotes pour la nouvelle procédure, » martèle-t-il, précisant que la mise en application de cette nouvelle procédure est prévue dès décembre de cette année.
Le nouveau système, une fois en marche, sera un pas très important dans la consolidation du marché commun qui rassemble les cinq pays de la Communauté Est Africaine depuis 2009.
