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Exécutions extrajudiciaires : Le gouvernement ne pouvait pas se culpabiliser


Le porte-parole du parti CNDD, François Bizimana, dit que le gouvernement ne pouvait pas se culpabiliser en déclarant que les exécutions extrajudiciaires ont existé dans ce pays.

Au cours d’un point de presse de ce samedi en rapport avec les conclusions de la commission d’enquête sur les exécutions extrajudiciaires, François Bizimana a indiqué qu’il n’est pas du tout surpris par les conclusions de cette commission que le gouvernement lui-même avait mise sur pied.

Mais selon lui toujours, il serait étonnant d’oublier les différents rapports des médias, de la société civile, des partis politiques de l’opposition et des organisations internationales de défense des droits de l’homme sur les exécutions extrajudiciaires au Burundi ces derniers mois.

Francois Bizimana n’est pas passé par quatre chemins pour montrer que les exécutions extrajudiciaires ont été une triste réalité au Burundi ces derniers mois.

«Certains membres de la police ont tué certains citoyens à l’aide des armes du pays, et des véhicules de l’Etat ont été utilisés dans ces circonstances. Certains autres citoyens ont été perdus dans les cachots de l’Etat,» a-t-il souligné.

Au mois de juin, le procureur général de la république, Valentin Bagorikunda, a créé une commission qui avait pour mission d’enquêter sur les exécutions extrajudiciaires. Deux mois après, la commission avait abouti sur des conclusions selon lesquelles les exécutions extrajudiciaires n’ont pas existé au Burundi, au moment où le rapport de l’APRODH avait relevé plus de 480 cas d’exécutions extrajudiciaires.

Se référant sur la définition donnée à ce concept “[d’exécution extrajudiciaire->https://www.isanganiro.org/spip.php?article2536]”, Valentin Bagorikunda a averti que quiconque utiliserait une telle terminologie s’exposerait à des manquements au niveau de la justice.

Cette réaction a cependant provoqué des remous au sein de la société civile et à l’opposition.

Au moment où le procureur de la république demande aux citoyens de ne pas utiliser les mots “exécution extrajudiciaire”, Francois Bizimana dit que le Burundi de 2012 diffère de celui de 1972.

«En 1972, des Burundais furent tués par le pouvoir. Les rescapés n’ont pas eu droit à pleurer les leurs et même à participer aux levées de deuil définitives celles-ci. Nous pensons que le pouvoir actuel devrait savoir que la démocratie est aussi significative d’obligation de rendre compte,»a-t-il souligné.

De sa part, le porte-parole du CNDD FDD, Onésime Nduwimana, indique que la commission qui avait été mise en place était la seule habilitée à qualifier les meurtres qui eurent lieu ces derniers mois. Ceux qui veulent donner une autre appellation ont d’autres spéculations politiques, dit-il.

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