Radio-Télévision Isanganiro

Pourquoi ces tares sur l’indépendance de la justice ?


« Si le peuple burundais, et particulièrement le président de la république, en voit la nécessité, l’indépendance de la justice au Burundi aura lieu”, ce sont les propos du président de l’ordre des avocats du Burundi ce vendredi lors de la célébration du 63ème anniversaire de cette institution dans le pays.

Les avocats ont beaucoup critiqué de manière négative l’indépendance de la magistrature au Burundi. Elle serait selon eux à la base des difficultés qui secouent ce secteur aujourd’hui, causant ainsi beaucoup de maux à la société en général.

Les avocats ont fustigé le fait que le président de la république nomme les responsables des hautes sphères de cette institution. Cette pratique ouvre la porte à autant de manquements dans ce secteur de la justice, selon lui.

Les personnes bénéficient des postes le plus souvent sur base de leurs appartenances politiques et non sur base de leurs compétences dans la fonction de magistrats, a-t-il souligné.

Une des conséquences est que les magistrats bénéficiaires de ces postes ne sont pas du tout indépendants dans leurs fonctions surtout quand il est question de dire le droit sur des dossiers à sensibilité politique particulière, a-t-il ajouté.

«Comment voulez vous que la personne qui vous a engagé soit libre de dire le droit lorsqu’il est question d’une infraction dans laquelle l’autorité qui lui a engagé est présumée accusée,» a-t-il martelé.

Une telle pratique même si elle ne s’écarte pas de la constitution burundaise est loin de répondre à la séparation des trois pouvoirs voulue dans toutes les démocraties.

Le président de l’Ordre des avocats du Burundi estime de sa part que le président de la république devrait sentir la nécessité de réviser la constitution pour que l’indépendance de la justice devienne effective. Une telle innovation donnerait particulièrement aux magistrats le privilège aux magistrats d’élire la personne à la tête de la cour suprême, a-t-il indiqué.

Dans l’entre temps, le président de l’ordre des avocats demande aux magistrats encore en fonction de faire honneur à leur métier en respectant la loi et les autres textes de loi qui régissent le Burundi.

Quitter la version mobile