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«Ils vont partir en 2015», dit Agathon Rwasa de retour à Bujumbura


Le président contesté du parti FNL (Forces Nationales de Libération) a prôné la fin du régime CNDD-FDD dans sa brève apparition et dans une conférence de presse qu’il a tenue dans sa résidence à Kiriri.

« Ils vont partir en 2015 » ne cessait-il de marteler chaque fois que l’occasion se présentait. Il a ajouté que malgré les difficultés imposées par le pouvoir en place, il vient « continuer la lutte politique » et accéder au pouvoir par la voie des urnes.

S’exprimant sur les informations selon lesquelles il aurait recruté des combattants à l’est de la république Démocratique du Congo, Agathon Rwasa a déploré une campagne de diabolisation contre lui. Sans pointer du doigt l’origine de ces soupçons, il a répondu «(…) je suis resté ici au pays et (que) je ne suis pas responsable des forfaits que l’on a si ardemment tenté de m’attribuer ».

Assis dans un fauteuil, habillé en costume et portant des lunettes classes devant les micros des reporters, Agathon Rwasa ne dit pas craindre à sa sécurité. Selon lui, des attentats contre lui sont possibles mais explique que « seul Dieu est grand ».

A son domicile, Agathon Rwasa était entouré par les membres de sa famille des sympathisants de son parti venus spécialement des montagnes qui surplombent la ville de Bujumbura. D’autres, tels que ceux venus des communes de Bujumbura (Rural) et Bubanza sont arrivés, un à un à pied. Ils évoquent avoir été retardé par la police qui leur avaient interdit de descendre sur Bujumbura à bord des véhicule.

« Après avoir vu que la police nous interdisait de venir, j’ai emprunté une autre voie passant par la foret puis je suis arrivé en ville sans problèmes » a souligné une femme qui disait être venue de Cibitoke.

Aucun membre de l’autre aile rivale des FNL (pourtant acceptée par le Gouvernement) n’était présent à la conférence. La même aile constituée pourtant des anciens compagnons ne s’était aussi présenté eà Kw’Iraro où étaient prévues les cérémonies de son accueil.

Agathon Rwasa est arrivé à son domicile à Kiriri dans la ville de Bujumbura après le refus de la police d’accéder à la parcelle de la réception, située sur l’avenue du large longeant la lac Tanganyika. Quelques temps après son arrivée à son domicile, les fidèles qui étaient déjà sur la place dite Kw’Iraro se sont dirigés vers son domicile où il donnait sa première conférence de presse depuis 2010.

{{Et l’autre aile}}

Agathon Rwasa s’est montré sidéré par les propos de certains de ses anciens compagnons dont d’ailleurs Jacques Bigirimana, secrétaire actuel du FNL (l’aile reconnue par le Gouvernement).

Selon lui, son ancien compagnon Bigirimana et autres de l’aile de Miburo sont soutenus par le Ministre de l’Intérieur et dit que leurs actions ne peuvent pas nuire à l’activité de ceux qu’il qualifie de « vrais FNLs ». Selon lui, l’objectif ultime est la restauration du leadership du FNL, réclamant la reconnaissance de Rwasa en tant que président du FNL par le Gouvernement.

{{Des blocages et des arrestations par la police}}

La police a, depuis ce lundi soir, initié des contrôles de grandes envergures sur les axes routiers liant la ville de Bujumbura et l’intérieur du pays comme on pouvait constater hier soir sur l’axe centre ville-Musaga .

Les membres de l’aile de Rwasa, venus de Bubanza ou Cibitoke (nord ouest du Burundi) disent avoir rencontré les barricades policières qui leurs interdisaient d’aller accueillir Rwasa à Bujumbura. Au moins 7 personnes dont le président du FNL (pro Rwasa) à Bubanza sont entre les mains de la police dans la zone Muzinda. Selon une source sur place, le leader pro Rwasa du nom d’Alexis Manirakiza est arrêté en compagnie des autres membres de ce parti sur la route Bujumbura-Cibitoke alors qu’ils étaient à bord d’un véhicule. Le chauffeur lui a été obligé de payer une amende de 100.000 Fbu pour mauvais chargement.

Un autre membre du FNL de Bubanza s’est réveillé le matin sa maison ceinturée par la police. Masaba Nestor est accusé d’avoir collecté de l’argent pour aller recevoir Rwasa, de la part des membres de cette aile selon notre source.

Sur tous les axes routiers entrant dans la ville de Bujumbura, la police procédait à une fouille systématique des véhicules qui y entraient et les passagers en uniformes du FNL étaient interdit de continuer.

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