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Bernard Busokoza nouveau Premier Vice-président de la République du Burundi


Le député Bernard Busokoza (60 ans) de l’Uprona vient d’être élu à une majorité de 100% au parlement pour succéder à l’ancien premier Vice-président de la république Terence Sinunguruza qui vient de rendre son tablier.

Lors de la présentation de la correspondance émanant du président de la République, Pie Ntavyohanyuma disait, lisant la lettre du président de la République à l’Assemblée Nationale :

« Les vice-présidents sont nommés par le Président (de la république) après approbation des députés et sénateurs » qui votent séparément à la majorité.

Les députés ont voté à main levée, selon la proposition des députés présents. Les choses étaient déjà claires et chacun savait ce qui allait se passer dans l’immédiat.

Après le comptage, 93 députés étaient dans la salle et 2 procurations ont été annoncées par les députés.

Après quelques minutes de comptages de voix, le président de l’Assemblée Nationale Pie Ntavyohanyuma a annoncé que Busokoza est élu « à 100% ».

{{Venu de loin}}

Depuis ce matin à 9h 30, les députés étaient déjà à l’hémicycle de Kigobe. Ils étaient en petits groupes, de trois, quatre ou cinq personnes. Rien ne présageait que Bernard Busokoza serait élu premier vice-président de la république.

« On ne peut pas voter pour lui. Il en sait beaucoup sur l’assassinat de Ndadaye, non, c’est impossible » dira un député. Il n’était pas le seul d’ailleurs à penser de la sorte. Selon un autre, il faut plusieurs noms pour choisir. A travers lui, on va finalement savoir qu’il n’y avait qu’un seul nom à approuver ou non par les élus du peuple. Ici, seul celui de Bernard Busokoza était sur toutes les lèvres.

Vers 12h 15 minutes, l’hémicycle se vide petit à petit. « Partez ; vous allez revenir à 15h ! » dira un autre député, aux journalistes. Selon lui, « il y a des choses à faire durant cette intervalle (de midi à quinze heures)

L’un des journalistes demande : « Où allez-vous donc». La réponse est aussi rapide. « Nous allons à la Permanence Nationale (du CNDDFDD) bien sûr».

C’est à la permanence Nationale du parti au pouvoir le CNDDFDD que les cartes seront jouées dans ces deux heures qui vont suivre durant lesquelles, les journalistes n’ont pas cessé de recevoir les informations selon lesquelles le numéro un avait déjà tranché : l’ancien Major était sur le point de devenir le numéro deux de l’exécutif Burundais, malgré le rejet de certaines voix.

{{Monsieur « Smart »}}

Avant midi, les choses étaient encore sombres. Bernard Busokoza en costume noir, bien habillé, chemise blanche comme la grêle ne cessait de répondre aux appels de téléphone. Mais apparemment, il y avait ceux qui savaient que Busokoza sera élu. Parmi eux, son chauffeur. « Il doit passer coûte que coûte» nous dira t-il avant-midi.

Mais les choses changent à 15h 23 minutes. Il entre à l’hémicycle de Kigobe, bien habillé comme cet avant-midi. Mais cette fois-ci, il avait changé d’humeur.

« Hahahahahaha ! » un éclat de rire se fait entendre. Quand on tourne les yeux pour voir ce qui se passait, on voit trois hommes cravatés. C’est Busokoza qui éclatait de rire, chose inimaginable ce matin, à voir comment il était « stressé ».

« Photographiez-le ! », disait l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Jean Minani, lui aussi député. Il pointait du doigt Busokoza. Il savait que les choses étaient déjà claires. On le suit, jusque dans sa place, une place qu’il va désormais laisser à un autre de sa province Bururi.

Les caméras sont aussi sur lui. Nous prenons des photos, et les autres députés, dont une femme du CNDDFDD nous laisse savoir qu’il faut prendre des photos, « du futur premier vice président ». Monsieur Busokoza ne va pas refuser de poser devant les caméras, mais cet avant-midi, on avait échoué, carrément échoué, à prendre une belle photo d’un homme bien habillé, mais visiblement agité.

« Est-ce que vous ne voyez pas qu’il est bien habillé ? » interroge la députée aux journalistes, une députée assise non loin de Busokoza. Ceci affirme une fois de plus que l’exécutif qui avait envoyé le nom de Bernard Busokoza aux députés, avait campé sur sa décision et avait réussi à imposer son candidat, Monsieur Smart car bien habillé. Les rumeurs sur son implication dans un coup d’Etat qui a renversé Melchior Ndadaye (et qui lui a même coûté la vie en 1993), sont parties avec les députés surtout du CNDDFDD et sont peut-être restées dans leur permanence dans laquelle, ils ont passé au moins deux heures, en train de recevoir des conseils du “Plus Sage”.

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