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EAC : Le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya devant la justice pour avoir écarté le Burundi et la Tanzanie


Trois ressortissants tanzaniens ont déposé une plainte devant la Cour de justice de l’’Afrique de l’Est, contre le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya pour avoir délibérément exclus la Tanzanie et le Burundi de certaines réunions décisionnelles des projets de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Les chefs d’Etat Ougandais, Kenyans et Rwandais, respectivement Yoweli Museveni, Uhuru Kenyatta et Paul Kagamé, ont déjà fait au moins trois rencontres, selon l’avocat des trois hommes, sans avoir invité le Burundi et la Tanzanie pour parler ensemble des projets de développement communs.

Ally Msangi, David Makata et John Adam qui sont des citoyens Tanzanien veulent obtenir de cette cour de Justice de l’EAC gain de cause, en suspendant tous les projets, jadis communs, mais qui sont désormais entre les mains des trois pays, à savoir la construction d’un oléoduc de pétrole commun à ces trois pays alors que c’était un projet intégrateur commun. Ils veulent aussi la fin des tractations pour la création de la fédération politique en cours alors que le Burundi et la Tanzanie sont relégués à l’écart.

Selon l’avocat des trois tanzaniens, les réunions ont violé l’article 6 (a) (b) (d) et (f), section 7 (f), Section 71 (d), l’article 3 (3) et la section (1) C (3) c du Traité de l’EAC, qui exigent que « tous les Etats membres de l’EAC doivent être impliqués dans la prise de décisions à l’égard du processus d’intégration ».

‘’Franchement, je me pose plusieurs questions. Veulent-ils créer une autre communauté? Sont-ils fâchés contre notre pays ou contre moi, ou veulent-ils nous pousser vers la sortie?”, s’était interrogé Kikwete, il y a quelques jours lors d’un discours à l’Assemblée Nationale Tanzanienne dans la ville de Dodoma.

La tension est montée quand, il y a à peine 4 mois, le président Tanzanien Jakaya Kikwete a appelé le Rwanda à négocier avec les rebelles, ce que Kigali n’a pas digéré. Un appelle similaire avait été lancé aussi au président ougandais de lancer lui aussi des négociations avec les rebelles du nord de ce pays. Cependant la Tanzanie a juré qu’elle ne quittera pas le bloc. Entre temps des informations sur la création d’un autre bloc économique composé par le Burundi, la Tanzanie et par la RDC ont déferlé la chronique des médias.

Craignant la perte des membres à « potentialité importante », l’ancien premier Ministre Kenyan Raila Odinga avait appelé aux pays traduits en justice de ne pas laisser de coté le Burundi et la Tanzanie.

« On a besoin de la Tanzanie pour faire des affaires avec la Zambie » avait rappelé Odinga. Il s’était même proposé comme médiateur du conflit avant que cette offre ne soit rejetée par son rival Uhuru Kenyatta alors que les autres pays avaient jugé bon de l’écouter.

Plus tard, la guerre des mots a continué et a même fait des victimes. La Tanzanie a par ailleurs décidé de chasser les Rwandais vivant en Tanzanie illégalement, suivi par des burundais et ces derniers sont parti sans un petit bagage. Certains d’ailleurs estimaient avoir été séparés de leurs familles par force avant d‘être conduits au Burundi.

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