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Un lourd réquisitoire pour sa libération provisoire


La Cour d’Appel de Bujumbura a entendu à huis clos le journaliste Bob Ruguruka ce lundi. Elle exige une caution de 20 millions de francs Bu et la présence de l’auteur présumé dans la mort des 3 sœurs italiennes pour sa libération provisoire.

L’audience à huis clos s’est déroulée à la prison centrale de Muramvya ce lundi de 10 heures 45 minutes à 12 heures 10 minutes, heures de Bujumbura. Me Fabien Segatwa, l’avocat de Bob Rugurika, dit que la défense est revenue sur ses positions à savoir celles de libérer définitivement le journaliste en question qui, selon lui , n’a commis aucun crime à part celui d’avoir exercé sa profession.

Me Fabien Segatwa a encore souligné que la défense a demandé que le journaliste soit poursuivi non pas par le Code Pénal Burundais comme c’est le cas mais plutôt par la Loi régissant la Presse. Pour lui, Bob Rugurika devrait comparaitre en jouissant de sa liberté comme stipulé aussi par la Loi régissant la Presse.

Par rapport à la séance à huis clos précédente conduite par le Tribunal de Grande Instance de Bujumbura, Me Fabien Segatwa estime qu’il y a eu une évolution. Il n’a pas cependant précisé ce dont les deux parties au procès ont débattu pendant plus d’une heure.

« Nous sommes cette fois- ci satisfait de la façon dont les débats ont été conduits. Nous osons espérer que la Cour mettra en avant les intérêts du pays et qu’elle libèrera Bob Rugurika, un innocent. Je ne suis pas là pour dire ce qui s’est passé en audience parce que c’était une chambre de conseil », a- t- il ajouté.

{{La libération de Bob est dans l’intérêt du pays }}

Me Fabien Segatwa n’a pas jugé bon de rendre public ce que les deux parties se sont parlé pendant plus d’une heure. Toutefois, il a précisé que la libération de Bob Rugurika va dans l’intérêt du pays. « Vous avez déjà entendu que l’Union Européenne conditionne l’aide financière envers Bujumbura avec la libération de Bob Rugurika. Il est de l’intérêt du Burundi de lui accorder la liberté parce qu’il n’a fait qu’exercer son métier de journaliste en traitant le dossier des trois sœurs », a encore une fois ajouté Me Fabien Segatwa.

La suite qui sera réservée au dossier Bob Rugurika sera connue d’ici mercredi au plus tard à midi, heure de Bujumbura. La famille des journalistes burundais attend ce jugement à l’instar des autres organisations nationales et internationales.

L’Eglise Catholique, les Diplomates Européens accrédités à Bujumbura et bien d’autres organisations de défense des journalistes suivent de près le dossier.

Difficile d’en savoir plus sur ce dossier mais les Députés européens ont déjà menacé de faire suspendre le Burundi de l’Accord de Cotonou si Bob Rugurika ne serait pas libéré d’ici un mois conformément à l’article 96 dudit accord. 432 millions d’Euros qui devraient transiter par le Fond Européen pour le Développement seront gelés si Bob Rugurika n’est pas libéré d’ici un mois.

Photo: igihe.bi

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