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Le lycée Bururi en crise

Les activités scolaires sont au point mort au lycée Bururi depuis ce mardi 3 novembre 2015. Le renvoi définitif de 22 élèves décidé par le conseil de discipline de cette école divise le personnel, l’autorité scolaire et administrative mais aussi les élèves.

Tout commence dimanche 1er novembre 2015 avec une tentative de refus de diner par les élèves. Selon les informations obtenues de certains élèves, le repas était en quantité insuffisante et contenait du sable. Cette nourriture a été finalement consommée, mais tard dans la nuit selon un témoin sur place.

Les enquêtes que le conseil de discipline au lycée Bururi a effectuées le lendemain ont abouti au renvoi définitif de 22élèves jugés promoteurs dans ce mouvement insurrectionnel mardi 3 novembre 2015. Leurs camarades leur apportent du soutien et refusent d’entrer dans les salles de cours avant la levée de cette mesure jugée injuste. Certains assiégeront même le quartier des professeurs le soir selon certains enseignants.

Depuis lors, la crise s’enlise : Juvent Ndayikeza, conseiller socioculturel du gouverneur de Bururi et président du comité de gestion de l’école, ramène les élèves renvoyés en compagnie de leurs parents ce mercredi 4novembre 2015. Selon lui, ce renvoi a été irrégulièrement décidé.

Les informations obtenues de certains enseignants à ce lycée indiquent qu’un communiqué ramenant à l’école les élèves renvoyés a été lancé par le président du COGES après le refus du directeur dudit établissement. Quant à lui, Juvent Ndayikeza dit avoir lancé ce communiqué après consensus.

Christian Nkurunziza, gouverneur de Bururi, entre dans la danse ce mercredi 4 novembre 2015. Il tente une médiation entre les élèves et le corps enseignant sans succès. Les enseignants refusent de répondre à l’invitation de s’assoir ensemble avec les parents et les élèves renvoyés.

En compagnie du président du COGES, du DPE et du DCE à Bururi, le gouverneur de Bururi lève la mesure du conseil de discipline et l’assume : pour lui, vaut mieux gérer la grève des enseignants régis par la fonction publique que gérer la grève des élèves. Il conseille même aux représentants de élèves de le téléphoner chaque fois que de besoin.

Se sentant fortifiés, une quinzaine d’élèves sont sortis le soir et ont loué deux véhicules au parking du chef-lieu de la province Bururi à bord desquels ils sont rentrés à l’internat, chantant victoire et huant le personnel d’avoir essuyé un échec cuisant.

Alors que Firmin Bucumi, directeur provincial de l’enseignement à Bururi, promettait de vider la question dans un avenir proche, les réunions de ce jeudi ont accouché d’une souri. Le personnel du lycée Bururi accuse le gouverneur de les avoir montés contre les élèves et ont sorti ce jeudi 5 novembre 2015, un préavis de grève menaçant d’arrêter le travail si ledit renvoi définitif n’était pas maintenu. Avant d’entamer cette grève, ils n’enseigneront que si ils trouvent que leur sécurité est garantie, a précisé un enseignant interrogé.

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