Radio-Télévision Isanganiro

Burundi : Comparution du Directeur du Groupe de Presse Iwacu

Antoine KABURAHE a comparu ce lundi, 16 novembre 2015 devant le magistrat instructeur de la Cour Suprême. « La liberté de la presse est en danger », a chuchoté un journaliste venu soutenir le Directeur du Groupe de Presse Iwacu.

« C’était pour répondre à une convocation reçue vendredi dernier en rapport avec la tentative du putsch manqué du 13 mai 2015 », a indiqué maître Lambert Nsabimana à la sortie de l’audience. Il fait savoir que l’interrogatoire a porté essentiellement sur l’implication du patron du Groupe de Presse Iwacu dans le coup d’état de mai dernier.

L’avocat d’Antoine KABURAHE se réjouit que son client soit libre. Il salue le déroulement de l’interrogatoire qui, selon lui, était dans une ambiance sereine. « Mon client ne s’accuse de rien, chaque fois convoqué il répondra », a dit d’un ton rassuré maître Lambert Nsabimana. Le directeur du Groupe de Presse Iwacu était assisté par 2 avocats, maître Lambert Nsabimana et maître Fabien Segatwa.

Sous anonymat, un journaliste rencontré sur place nous a confié que l’association des professionnels des médias dans la putsch est un signe de plus que les relations entre les médias indépendants et les autorités publiques s’empirent du jour le jour. Un autre a chuchoté : « la liberté de la presse est en danger ».

La comparution devant la justice du patron du Groupe de Presse Iwacu s’ajoute au mandat d’extradition contre trois autres journalistes, tous recherchés dans le cadre du coup d’état avorté du 13 mai 2015. En mi-octobre, le Procureur Générale de la république a émis une demande d’extradition de Bob RUGURIKA, directeur de la RPA, Gilbert NIYONKURU, journaliste de la RPA et Patrick NDUWIMANA directeur de la Radio Bonesha FM. Egide Mwemero de la RPA, lui, est en prison en RDC depuis le 13octobre dernier.

Blaise Célestin Ndihokubwayo de la Radio Isanganiro a, quant à lui, passé au début de ce mois 5 jour dans un cachot du Service National des Renseignements. A sa sortie, le motif de sa détention ne lui pas été signifié.

La famille des journalistes burundais se rappelle d’autres dates sombres. Le 13 octobre dernier, le journaliste cameraman de la radio-télévision nationale (RTNB) Christophe NKEZABAHIZI a été tué avec toute sa famille par des éléments en uniforme policière à son domicile à Ngagara. Des enquêtes de 10 jours ont été ouvertes par le procureur général de la république, mais un mois plus tard, les résultats n’ont pas encore été communiqués.

Le 27 septembre 2015, c’est le journaliste de l’ONG Benevolecija, Jimmy Elvis VYIZIGIRO, qui a été attaqué et torturé à la maison à Mutanga sud par des personnes jusqu’ici inconnues. Son matériel de travail a été emporté.

Le 02 août 2015, le journaliste de la Radio France internationale (RFI) a été arrêté et malmené par les agents du service national des renseignements, il prenait des photos sur le lieu de l’assassinat du Lieutenant Général Adolph NSHIMIRIMANA à Kamenge.

Aujourd’hui, des dizaines de journalistes des médias indépendants vivent en exil, l’Observatoire de la Presse Burundaise (OPB) estime à plus de 60 journalistes contraints de s’exiler après la destruction de leurs médiums, c’était le 14 mai 2015 au lendemain du coup d’état manqué du 13 le même mois.

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