Radio-Télévision Isanganiro

Témoignage : Enfant de la rue devenu garagiste

Patrick Nahimana a abandonné le banditisme il y a douze ans pour appendre à réparer les motos. Actuellement, il est chef d’un garage des motos à Kamenge.

Né à Kinama dans la municipalité de Bujumbura en 1990, Patrick Nahimana a perdu son père à l’âge de 4 ans et il est resté avec sa mère. A 12 ans, il était en 6ème primaire et sa maman s’est remariée. Comme le mari de sa mère travaillait à l’intérieur du pays, le petit garçon a abandonné l’école quand bien même il avait réussi au concours national. Il est resté à Bujumbura et est devenu l’enfant de la rue. Il habitait dans les arbres du Grand Séminaire de Bujumbura avec les autres jeunes en difficulté.

La compagnie l’a initié à la vie de la rue et après une semaine il a commencé à voler avec ses propres ailes puisqu’il devrait amener les provisions pour le soir. Nahimana préférait le marché central de Bujumbura où il enlevait de petits bagages des passagers qui montaient ou descendaient des véhicules sur les arrêts-bus autour de ce marché.

Non satisfait avec l’argent gagné après avoir porté les bagages, les grands habitués au pickpockets lui ont montré comment s’y prendre dans ce ‘’métier’’. « Je réussissais avec succès dans cette mauvaise entreprise et je ne manquais pas au moins dix mille francs burundais par jour». Comme chaque médaille a son revers, des fois il était attrapé et battu sérieusement.

Pour abandonner la rue et le vol il avait dix-sept ans quand il a vu son compagnon de la rue succomber à ses blessures, après avoir volé un million. Depuis lors, il a abandonné a vie de la rue pour apprendre à réparer les motos. Nahimana, a eu la chance de maitriser rapidement le métier, ce qui lui a permis d’ouvrir son propre garage avec un magasin de pièces de rechange.

Il lance alors un appel vibrant aux enfants de la rue et aux vulnérables de ne pas s’adonner au banditisme mais plutôt d’apprendre le métier car il n’y a pas de sot métier tout en déplorant la mort de son compagnon de la rue et de tous les enfants de rue abandonnés et qui sombrent dans les stupéfiants et l’alcoolisme.

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