Les négociations qui avaient été suspendues peuvent reprendre mi-janvier ; la force de maintien de la paix interviendrait par consensus selon le ministre tanzanien des affaires étrangères. Le président de la Commission Paix et Sécurité de l’UA, lui, souligne que le contingent ne viendrait pas pour envahir le Burundi. 
Dans une interview accordée le 07 janvier à la Radio France Internationale (RFI), le ministre Augustine Mahiga a dit que les négociations ne pouvaient pas reprendre en une semaine comme convenu auparavant, au sortir des cérémonies d’ouverture le 28 décembre 2015 à Entebbe en Ouganda. Il explique qu’il y a encore des questions notamment celles concernant la disponibilité du ministre burundais des relations extérieures, le programme à réaliser, la composition et le lieu des pourparlers.
Il est à noter ici que le ministre burundais des relations extérieures est le chef de délégation de la partie gouvernementale dans les négociations. La reprise de ce dialogue était prévue le 06 janvier dernier à Arusha en Tanzanie. Le gouvernement burundais avait dit que cette date n’a pas été consensuelle.
Il y a également une question liée à la proposition de l’Union Africaine sur l’envoi des troupes de maintien de la paix au Burundi. Selon M. Mahiga via RFI, le gouvernement tanzanien pense qu’il y a nécessité d’envoyer ces troupes, mais avec le consentement du Burundi.
Cette radio internationale a mené une autre interview avec le président de la Commission Paix et Sécurité de l’Union Africaine, Smail Chergui. Celui-ci explique de son côté que ce contingent ne viendrait en aucun cas pour envahir le pays, mais pour en assurer plutôt la stabilité. M. Chergui souligne que l’Union Africaine est toujours disposée pour la poursuite des discussions sur la nouvelle date de reprise de dialogue.
Interrogé justement sur cette nouvelle date, le ministre tanzanien des affaires étrangères, Augustine Mahiga, ne donne pas de précisions. Il dit attendre le retour du ministre burundais des relations extérieures qui peut être prévu au-delà du 15 janvier. Ils étudieront ainsi ensemble les trois questions-clés : la date de reprise de dialogue, les participants, ainsi que le lieu qui peut être Entebbe ou Kampala en Ouganda, ou Arusha en Tanzanie.
Concernant le déploiement des troupes de l’Union Africaine, M. Mahiga indique avoir discuté longuement sur ce point avec la présidente de la Commission de l’UA, Mme N’Kosazana Dramini Zuma. Ils se sont eux aussi convenus sur la nécessité de ces troupes, mais estime qu’il y a aussi nécessitée de consensus avec le gouvernement de Bujumbura.
Toutefois, M. Mahiga soutient qu’il y a une solution alternative. Il parle de l’envoi d’une police qui aurait trois missions essentielles : la protection des civiles, aider les burundais dans la protection des infrastructures, ainsi que le désarmement de la population civile. Cette voie devrait être convenue par le gouvernement burundais et l’Union Africaine, et la Tanzanie se dit prête à aider dans ce processus.
