
La localité de Cabiza se trouve dans la réserve naturelle de la Rukoko, tout au long de la rivière Rusizi. Environ cinq mille ménages y habitaient depuis 1996 Et ce n’est qu’en 2011 qu’ils ont été obligés de déménager pour laisser libre cet espace dit protégé. Ce terrain de plus de mille hectares est donc disputé entre le ministère de l’environnement qui le place dans la réserve naturelle de la Rukoko et le ministère de l’agriculture qui dit que Cabiza est une réserve cotonnière depuis longtemps.
Ces populations ont été déplacées vers le village de paix de Kagwema et n’ont même plus le droit d’aller cultiver sur cette terre qu’ils ont illégalement occupée pendant plus de vingt ans.
« Nous n’avons jamais compris pourquoi les autorités nous ont chassés de ce terrain qui est vacant jusqu’aujourd’hui. On explique qu’il fait partie de la réserve naturelle de la Rukoko, mais on y recevait vraiment de bonne récoltes de coton chaque année », se lamente Misago Etienne père de cinq enfants, et originaire de la province Kayanza.
« On a perdu 600 hectares de champs de coton depuis que ces habitants de Cabiza ont été déplacés . La COGERCO a connu un certain déficit dans ses productions. Oui, j, en conviens, la réserve doit êtreprotégée mais ces personnes cultivaient juste à côté,pas àl’intérieur, on devrait voir comment allier l’agriculture et la protection de la réserve », indique un agronome de cette société rencontré à Gihanga.
Lors de leur descente à Cabiza justement pour cette question au début de ce mois, le ministre de l’environnement et celui de l’agriculture et de l’élevage ont tous convergé sur la nécessité de l’agriculture et en même temps la sauvegarde de l’environnement. C’est la raison pour laquelle une commission va être mise en place pour voir comment reprendre la culture du coton à Cabiza tout en sauvegardant l’environnement, ce qui a donné aux anciens occupants une lueur d’espoir de reprendre l’agriculture sur ce terrain.
