A l’heure de la récolte et commercialisation du café cerise, les caféiculteurs n’ont pas droit directement à leur argent. Les représentants des organisations caféicoles parlent de mesure qui apportera de la valeur ajoutée aux caféiculteurs.

“Tout café récolté doit être acheminé aux stations de lavage. Nous avons attendu que soit installé un centre de collecte du café sur notre colline comme ça se faisait dans le passé mais on nous a signifié que les choses ont changé”, grogne de Polycarpe Miburo, habitant de la colline Cibari, commune Muyinga. “D’habitude les commerçants venaient avec des balances ici chez nous, ils partaient avec le café et nous laissaient directement de l’argent, aujourd’hui, le caféiculteur est obligé d’apporter son produit à l’usine pour rentrer uniquement avec une reçue”, ajoute un proche sous couvert d’anonymat, avec un ton de regret.
Dans une période de soudure, les paysans ont besoin de l’argent liquide pour acheter des vivres, les usuriers qui prêtent leur argent à des taux d’intérêt très élevé pourront en profiter d’après des habitants s’indignant contre cette procédure de commercialisation du café. “Nous devrons parcourir plusieurs kilomètres pour arriver aux stations de lavage mais peu importe, nous aurons l’ISIZENI , pour préciser la période de décaissement de leur dû”, se lamente un cultivateur de la colline Sanzwe avec nostalgie de revoir de tels moments tel que ça se passait sous la deuxième République. “On vendait le café ,on attendait le moment de paiement de toutes les quantités vendues, on en profitait pour exécuter certains projets tels l’achet des tôles pour les maisons, les parcelles…”, poursuivent ces cafeiculteurs.
{{Stratégie d’échapper aux spéculateurs d’après les représentants des caféiculteurs.}}
“Le payement cash est interdit avec la saison 2106-2017”, a-t-on appris de Jean Pierre Ntabomenyereye, Président de la fédération TERINTAMBWE, organisations regroupant des organisations des caféiculteurs de la province Muyinga. Pour lui, des centres de collecte du café habituellement ont été installés ici et là sur les collines et serviront juste pour réduire le trajet que devrait parcourir le producteur vers la station de lavage. Par conséquent, Ntabomenyereye précise que le cultivateur devra attendre l’annonce des payements de la part de l’autorité de régulation de la filière café.
M.JP Ntabomenyereye affirme que cette réorganisation de la commercialisation de cette culture de rente vient à point nommé. “Avec le système de payement Cash, les cultivateurs étaient victimes des spéculateurs et un long circuit de trafiquants qui se nouait autour des gestionnaires des centres de collectes, les transporteurs et les usuriers”, a -il éclairci .
{{Ne s’agit-il pas d’un lobbying des sociétés de lavage? }}
Le représentant des caféiculteurs répond par la négative. “Nous voulons que le cultivateur puisse vraiment jouir des dividendes du café” ,ajoute-t-il. Par ailleurs , a-t-il renchérit-il, l’Etat qui aide les cultivateurs en subventionnant les engrais ,des insecticides et autres produits ou par d’autres appuis pourra éviter des fraudes vers les pays voisins.
{{L’expérience avec les stations de lavage suscite des doutes}}
Avec la saison 2015-2016, certaines stations ont eu du mal à s’acquitter de leurs obligations envers les agriculteurs. Il a fallu l’intervention du Gouvernement pour que les stations de la SOGESTAL Kirundo-Muyinga payent le montant qu’elles devaient aux caféiculteurs de la commune Gashoho. Certains producteurs déclarent vouloir vendre contre le payement cash suite à cette triste expérience. “Le même Gouvernement prendra des mesures pour protéger le cultivateur contre les menaces d’éventuelles défaillances des sociétés de lavage du café cerise”, rassure le représentant des caféiculteurs de Muyinga.
