Le dialogue inter-burundais d’Arusha ayant accouché d’une souri, le gouvernement du Burundi a, selon l’opposition, décidé de passer à une vitesse de croisière vers le référendum pour la modification de la constitution. Lancée ce mardi 12 Décembre dans la commune Bugendana en province de Gitega, la campagne d’explication se déroule en l’absence des députés de la coalition Amizero y’Abarundi.

Cette coalition présidée par le 1er vice-président de l’assemblée nationale Agathon Rwasa a boudé le lancement officiel des activités qui se déroule au centre du pays. Pour cause, elle dénonce la violation de l’article 200 du code électoral, lequel article stipule que chaque modification de la loi fondamentale ou toute autre loi importante dans la vie du pays doit passer devant les deux vice-présidents de la République et devant les bureaux des deux chambres du parlement. « Cela n’a pas été le cas », s’indigne M. Rwasa
Au sein de l’opposition au pouvoir de Pierre Nkurunziza, on estime que c’est le passage en force du gouvernement Burundais. Le parti Imbogoraburundi Parena qui le décrie, dénonce le lancement dans l’opinion d’un projet dont le contenu a été caché à la classe politique dans sa diversité. « Cela laisse penser qu’il ya des non-dits », déplore Zénon Nimubona, président du Parena. Selon lui, qui dit la population, dit également la classe politique. N’étant pas hostile au changement de la loi mère, il soutient que toute modification devrait s’inspirer de l’article 299 de la constitution qui indique dans quelles mesures la loi fondamentale peut être revisitée.
En effet, pour le Parena, c’est contradictoire d’adhérer au principe du dialogue et de passer à une vitesse supérieure pour une question qui n’a pas été vidée. M. Nimubona explique que la modification de la constitution a été le point de discorde lors de la dernière session des pourparlers inter-burundais qui ont eu lieu en République Unie de Tanzanie, du 27 novembre au 8 Décembre 2017.
De son côté, le parti Union pour le progrès nationale (UPRONA) estime qu’il appartient à la population de trancher par la voie des urnes. C’est à elle de juger si les modifications apportées dans la constitution sont convenable ou pas. Olivier Nkurunziza, le secrétaire général du parti de Rwagasore, dit que son parti a été consulté à plusieurs reprises. « Non seulement nous avions un représentant au sein de la commission qui a proposé les amendements, mais également nous avons été consultés à différentes étapes », affirme M. Nkurunziza avant d’ajouter : « Nous espérons que nos contributions seront prises en compte ». Il renchérit néanmoins que dans le cas contraire, les responsables de son parti se gardent d’appeler les Badasigana à voter « Non » lors du grand rendez-vous pour le référendum.
