
Le 20 mars, le monde célèbre la journée internationale de la francophonie. Au Burundi, langue française n’occupe plus la première place depuis que la langue est devenue langue de recherche selon le docteur Remy ndikumagenge, docteur en langue, lettres et traductologie. Pour lui, si les intellectuels burundais veulent rester à jour avec les avancés scientifiques dans le monde, ils devront combiner l’apprentissage de ces deux langues. La domination du français n’est pas synonyme de sa dispersion, explique le docteur ndikumagenge. « si nous disons que la langue française est en train d’entre éclipsée par l’anglais, cela ne signifie pas sa dissipation. Tout simplement, on ne peut pas se dire qu’aujourd’hui, je suis francophone, cela me suffit, je vais négliger l’anglais. Ça peut être vrai mais vous restez sous informés par rapport à l’avancé scientifique », constate le docteur.
{{Comment le français s’est introduit au Burundi ? }}
Selon docteur Remy ndikumagenge, par rapport aux autres pays de la sous-région, l’introduction de la langue française au Burundi a été tardive en 1948 avec la création des écoles primaires qui étaient dirigées par l’église catholique sous le mandat belge. « Ce n’était pas une formation comme telle mais les colonisateurs cherchaient les auxiliaires pour les aider à bien faire leur travail. Apres 1948, il a eu la première réforme qui constituait de changer la manière dont le français était enseigné ».
Vu que la langue française n’était pas bien enseignée, poursuit docteur Remy ndikumagenge, les colons ont compris qu’avec la manière dont cette langue était dispensée, c’était quasi impossible d’avoir les intellectuels alors que le français était considéré comme une langue principale dans la communication entre les colons et leurs sujets.
Le cours du français, raconte, docteur ndikumagenge, a commencé à être enseigné a commencé à être enseigné depuis la 1ere année de l’école primaire et au niveau politique dans les lois du pays. D’après lui, le français est devenu une langue première, venant avant le kirundi et les autres langues. « Cette langue devrait alors être enseignée dans les classes avant le kirundi », précise-t-il.
{{ La place du français dans les statuts du pays}}
Les constitutions de 1962 et 1974 considéraient le français comme une langue officielle au même titre que le kirundi. Selon le docteur Ndikumagenge, cette situation a perduré mais quelques années plus tard, le français a perdu sa première place au kirundi, ce qui n’a pas empêché que la langue française reste valorisée et valorisante dans la vie sociale du pays.
En 2014, dans la politique, il y a eu un texte qui a été adopté par le parlement burundais qui place le français parmi les langues officielles au même titre que le kirundi et l’anglais. Pour le docteur Ndikumagenge, dans le plan didactique, le français a été enseigné de la première année primaire de 1949 jusqu’en 1972. En France et en Belgique, le programme était le même qu’au Burundi c’est-à-dire que, poursuit le docteur, la manière dont un français ou un belge apprenait le français, ressemblait à l’apprentissage du français au Burundi.
{{La reforme bimazubute}}
En 1973, il a eu naissance de la réforme « Jules Bimazubute ». Selon le docteur Ndikumagenge, cette réforme avait pour but de kirundiser et ruraliser la langue française après avoir remis en cause la 1ere reforme sur la manière dont un enfant burundais apprenait le français de la même manière que l’enfant français ou belge.
Pour ce docteur de l’université du Burundi, la nouveauté de la réforme « Bimazubute » était de prioriser le kirundi et de commencer à apprendre le français en 5eme primaire. « Tous les supports qui étaient auparavant en français, étaient traduits en kirundi », explique le docteur qui déplore qu’échec qu’a connu la réforme « Bimazubute».
