Burundi : à quand la réduction des accidents routiers ?

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    Il s’observe une recrudescence des accidents de roulage sur les routes du pays. Et le nombre des victimes va crescendo.
    Il est 7h 25min du matin le mois dernier, devant l’hôpital militaire de Kamenge. A l’intérieur du bus de marque hiace dans laquelle le reporter de la radio Isanganiro a pris place l’impatience cèdent la place à l’agitation et la colère. Les passagers se demandent  pourquoi un tel embouteillage. Est-ce une autorité qui va passer ou simple embouteillage.  Arrivé à la hauteur du portail principale de l’hôpital on constate que c’est une voiture qui a heurté un tricycle à moteur communément appelé « tuk tuk ».

    Une histoire parmi tant d’autres sur les routes du pays, où les accidents de circulation sont devenus monnaie courante. Les chiffres parlent d’eux même. Selon OPC 2 Désiré Niyongabo, commissaire adjoint de la Police spéciale de roulage et de sécurité routière, entre juillet 2018 et octobre 2020  il y a eu 7127 accidents. Qui ont occasionné 181 décès et 2878 blessés en mairie de Bujumbura.

    Les sociétés d’assurance en sont témoins. Tatien Sibomana, secrétaire exécutif de l’ASSUR (association des assureurs du Burundi) indique que les assurances ont enregistré plus de 16 000 demandes de prestation, dues aux accidents de roulage au cours de la même période sur tout le territoire national.

    Une multitude des causes

    Le secrétaire général de la commission nationale de la sécurité routière annonce que les causes sont nombreuses. Edouard Nyandwi mentionne les excès de vitesse, les gens qui conduisent en état de fatigue, d’ébriété ou en utilisant leur téléphone au volant. Il ajoute également l’usure des véhicules et les gens qui obtiennent les permis de conduire d’une façon frauduleuse.

    Le porte-parole de l’association burundaise des transporteurs « Atrabu » en sigle pointe du doigt l’état des routes où les nids de poules qui s’observent sur toutes les artères. Charles Ntirampeba cite aussi le non éclairage des routes la nuit, le dysfonctionnement des feux tricolores et l’absence des alcootests. Il soulève aussi la question de la présence sur les routes de conducteurs de vélos, motos et tricycle à moteur qui ne respectent pas ou ignorent le code de la route.

    Des dommages

    Selon  l’Organisation Mondiale à la Santé chaque année, plus de 1,35 millions de personnes perdent la vie dans les accidents de route. Elle recense en plus de 20 à 50 millions de blessés, nombre d’entre eux gardant une invalidité à la suite de leurs blessures.

    Les accidents routiers causent des pertes matérielles. À cela s’ajoutent des dommages directs ou indirectes qui sont souvent sous-estimées. Ces accidents entrainent des pertes financières pour les familles, liées notamment au frais de funérailles en cas de décès, et l’hospitalisation pour les blessées.

    Ils occasionnent également une perte au niveau des ressources humaines du pays. Cela  peut provoquer le ralentissement de l’économie car les accidents de roulage ruinent parfois les entrepreneurs.

    Des mesures strictes s’imposent

    Pour pallier à cette hausse inquiétante des accidents, Charles Manirambona, chargé des premiers secours à la croix rouge du Burundi préconise la mise en application du protocole d’accord entre l’état et cette organisation humanitaire. Son article 14, impose la présentation d’un certificat attestant avoir appris les premiers secours lors des demandes d’un permis de conduire. Ceci pour avoir plus de chauffeurs secouristes possibles.

    Le Secrétaire général de la Commission nationale de la sécurité routière précise que l’état va doter bientôt à la police les alcootests. Pour contrôler ceux qui conduisent ayant pris de l’alcool. Ils ajoutent qu’un inventaire des autos écoles au niveau national va être effectué en vue de démasquer ceux qui délivrent de faux documents. Ces documents attestant qu’une personne a appris à conduire sont très nécessaires dans l’obtention du permis de conduire.

    Edouard Nyandwi annonce aussi la décentralisation vers l’intérieur du pays des services de contrôle technique des voitures et la création pour l’année prochaine de l’observatoire national de sécurité routière.  « Cet observatoire sera composé des professionnels et la police de roulage pour remplacer l’actuelle commission national qui fonctionne mal. Ses membres occupent d’autres fonctions dans l’administration. Nous allons introduire du limitateur de vitesse. La vitesse autorisée sera de 40 km /h dans les villes et 70 km/h ailleurs », précise-t-il.

    Le porte-parole de l’ATRABU affirme que son association va bientôt créer un centre de renforcement des capacités pour tous les chauffeurs volontaires. Charles Ntirampeba, demande à l’état la restauration mais aussi la construction des nouvelles routes. Il explique que les infrastructures doivent suivre le taux d’importation des nouveaux véhicules dans le pays.

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