Burundi : problématique dans la gestion des médicaments périmés

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    Certains citadins avouent jeter les médicaments périmés ou non utilisés dans des poubelles. Or, ces médicaments ne sont pas des déchets comme les autres, selon les pharmaciens.

    Les armoires des familles ayant des bébés ou des enfants en bas âge sont souvent remplies des médicaments. On dirait une petite pharmacie familiale. Que deviennent ces médicaments  quand ils atteignent leur date de péremption?

    Une femme rencontrée dans le  quartier Kamenge affirme : « si je ne prends pas tous les comprimés d’un médicament, je conserve le reste dans un endroit sûr pour les réutiliser après. S’ils atteignent leur date de péremption je les jette dans les poubelles comme les autres déchets». Même son de cloche qu’une autre femme rencontrée à Kigobe. «Je garde toujours des médicaments à la maison. Par  exemple si mon enfant tombe malade la nuit, je me sers des médicaments que j’ai conservé», explique-t-elle.

    Poison ambulant

    Les spécialistes en matière de santé indiquent que l’utilisation inadéquate des médicaments ou l’usage de ceux périmés constituent un danger sur la santé humaine.  « Les médicaments quand ils sont mal utilisés deviennent du poison. Ils sont très dangereux pour la santé des personnes qui les utilisent. C’est encore plus grave quand il s’agit d’un médicament périmé », indiquent Céline Quitelier, spécialiste pharmacien.

    Elle ajoute que les médicaments périmés ne peuvent être considérés comme des déchets habituels. Ils peuvent être bien nocifs pour l’homme aussi pour l’environnement et nécessite une attention toute particulière. Afin d’éviter que les médicaments périmés ou non utilisés ne se retrouvent dans la nature ou dans les mains des personnes inexpérimentées, elle conseille de les ramener à la pharmacie.

    Déficit de la politique de collecte

    Le président du conseil national de l’ordre des pharmaciens du Burundi, indique qu’il n’y a pas encore de politique de collecte des médicaments périmés ou non utilisés. « Normalement à la fin de chaque mois, les médicaments périmés ou hors d’usage qui se trouvent dans les stocks des pharmacies sont collectés. Après l’inventaire, on les mets dans une zone de quarantaine. Puis on les transporte vers les districts sanitaires qui sont un peu partout dans le pays. Enfin  on organise une destruction avec assistance des techniciens habileté dans ce domaine», précise Désire Bizimana.

    Ce pharmacien demande au ministère de la Santé et de la lutte contre le SIDA, de fournir des efforts pour mettre en place la politique de collecte des médicaments qui restent dans les ménages. Il dit que cette politique vise à assurer une destruction correcte afin de protéger la santé de la population et l’environnement.

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