Musée de Tervuren : déménagement des statues coloniales

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    Musée de Tervuren (Africa Museum) en Belgique

    Les statues représentant les Africains de façon stéréotypée et glorifiant la colonie vont être placés vers un autre endroit discret loin du parcours du visiteur du Musée de Tervuren (Africa Museum) en Belgique. L’installation telle qu’elle est aujourd’hui manque de clarté et contribue à la représentation négative de l’Afrique, selon un communiqué de presse.

    Dans ce communiqué rendu public le mois de juillet 2023, il a été mentionné que si ces statues ont été regroupées là, c’est afin de reconstituer la propagande coloniale, basée sur des clichés. C’est aussi pour stimuler un dialogue sur la représentation de l’autre, le racisme et la colonisation. Elles seront donc placées dans un endroit plus discret où l’histoire du musée et la représentation coloniale pourront être abordées plus en profondeur lors des visites guidées.

    L’Africa Museum indique que la disparition de ces statues va libérer un espace pour accueillir des expositions temporaires de dimensions réduites. La première d’entre elles sera consacrée à un domaine de recherche majeur et actuel : la recherche de provenance. Cette nouvelle exposition ouvrira au début de l’année 2024. Le démantèlement du « dépôt des statues » et l’évacuation de la zone d’introduction commencent dès cet été 2023.

    En vue de la célébration de ses 125 ans cette année 2023, l’Africa Museum lance une grande réflexion sur le rôle qu’a joué, que joue et que peut jouer le Musée dans le futur. Il veut apporter un regard critique sur l’histoire coloniale. Entre mai et décembre 2023, un certain nombre d’activités trouveront place dans l’Africa Museum et en divers lieux de Bruxelles, de Wallonie et de Flandre. Des débats, des visites guidées et autres projections de films seront ainsi organisés en collaboration notamment avec des associations de la diaspora africaine.

    Qu’il soit un travail de concertation

    Aloys Batungwanayo, historien et chercheur burundais, salue la mesure que prend ce musée. Il explique que ça a été une réflexion profonde sans une demande forte des pays concernés spécialement le Burundi, le Rwanda et la république démocratique du Congo. Il la qualifie comme une réflexion humaine et responsable pour que l’histoire coloniale à travers les objets d’art de ces trois pays et les archives soient connus. Normalement, la demande devait venir de ces trois états qui sont les plus concernés et d’autres pays africains, a-t-il mentionné.

    « Moi j’encouragerais beaucoup plus les ressortissants des pays les plus concernés de faire une réflexion plus ou moins profonde pour que ce travail soit un travail de concertation, un travail de dialogue. Il faut que ce passé partagé entre le Burundi, le Rwanda, la RDC et le royaume de la Belgique soit connu au niveau de ces pays africains. Parce que cette histoire qui n’a pas été partagée, doit être partagée pour promouvoir la réconciliation entre les peuples de ces 4 pays mais aussi entre les peuples des pays africains et le royaume de Belgique », insiste-t-il.

    Ce chercheur souligne la nécessité de délocaliser cette réflexion. Il trouve important de porter cette mener un ce débat dans les universités au Burundi et au niveau des médias. « Cela permettra aux burundais à s’imprégner de cette histoire », dit Aloys Batungwanayo qui interpelle le gouvernement burundais et les chercheurs à initier des recherches pour pouvoir identifier tous les objets matériels et les restes humains qui ont été emporté lors de la colonisation. Il propose une sorte de discussion entre le royaume Belgique pour qu’il y ait un rapatriement de ces objets, pas pour les stocker, mais un rapatriement qui sera utile aux burundais.

     

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