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Burundi : 15 ans de lutte contre le pied bot, des avancées encourageantes malgré les défis

À l’occasion de la Journée mondiale du pied bot, l’organisation Hope Walks, en partenariat avec le ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida ainsi que le Réseau des Centres des Personnes Handicapées du Burundi (RCPHB), a célébré quinze années d’engagement dans la prise en charge de cette malformation congénitale. Les résultats obtenus sont significatifs, même si certains défis continuent de freiner l’accès aux soins.

L’organisation Hope Walks, en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida ainsi que le Réseau des Centres des Personnes Handicapées du Burundi (RCPHB), a célébré la Journée mondiale du pied bot dans le cadre du projet « Ndinkabandi », financé par l’Union européenne.

Le pied bot, également appelé pied bot varus équin, est une malformation congénitale qui touche environ un nouveau-né sur mille. Cette affection se caractérise par une déformation du pied orienté vers l’intérieur et vers le bas. Toutefois, lorsqu’elle est diagnostiquée et prise en charge précocement, elle peut être corrigée efficacement.

Quinze ans de progrès dans la prise en charge du pied bot

Selon Léonidas Butoyi, coordinateur de Hope Walks au Burundi, la célébration de cette année coïncide avec les quinze ans du programme national de lutte contre le pied bot.

Depuis 2011, plusieurs réalisations ont été enregistrées. Neuf centres spécialisés ont été mis en place à travers le pays : l’Institut Saint-Kizito de Bujumbura, l’Hôpital de Cibitoke, l’Hôpital de Rumonge, l’Hôpital de district de Kirundo, l’Hôpital de Mivo, l’Hôpital Rema de Ruyigi, le Centre Saint Jean Bosco de Muyinga, le Centre Saint Bernard de Makamba ainsi que le Centre National d’Appareillage et de Rééducation de Gitega.

Par ailleurs, plus de 200 prestataires de soins ont été formés et plus de 1 000 agents de santé communautaires ont été sensibilisés à la détection précoce et au référencement des enfants atteints de cette malformation.

Pour Sœur Dr Immaculée Niyondiko, directrice de l’Institut Saint-Kizito de Bujumbura, ces résultats sont notamment rendus possibles grâce à l’application de la méthode de Ponseti, reconnue mondialement comme la technique de référence pour corriger le pied bot chez le nourrisson sans chirurgie lourde.

Des défis persistants malgré les succès enregistrés

Malgré les progrès réalisés, plusieurs obstacles continuent de compromettre la réussite du programme. La précarité économique de certaines familles constitue un défi majeur. Le traitement nécessite des visites régulières dans les centres spécialisés, généralement une fois par semaine pendant cinq à dix semaines.

Les croyances et préjugés demeurent également un frein important. Dans certaines communautés, le pied bot est encore considéré comme une malédiction ou une punition divine liée aux fautes des parents.

Des Témoignages D’espoir Et Un Engagement Renouvelé

Au cours de la cérémonie, plusieurs familles ont partagé leur expérience.

Nahimana Odette, mère de la première patiente guérie grâce au programme, a exprimé sa gratitude envers les initiateurs du projet et les partenaires qui le soutiennent

Même satisfaction chez Nshimirimana Delicia, dont la fille est aujourd’hui complètement guérie. Elle encourage les autres parents à consulter rapidement les centres spécialisés et à ne pas céder aux pressions ou aux croyances qui découragent la prise en charge médicale.

Représentant le ministre de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida, le Directeur général chargé de la Prévention et de la Sécurité sanitaire, Dr Oscar Ntihabose, a salué les résultats obtenus au cours de ces quinze années.

La cérémonie s’est clôturée par la remise de certificats de guérison aux patients ayant terminé avec succès leur traitement. Les responsables du RCPHB et de Hope Walks ont également renouvelé leur engagement à mobiliser davantage de ressources afin de poursuivre et d’étendre ce programme à travers le pays.

« Le ministère de la Santé ne ménagera aucun effort pour soutenir cette œuvre qui contribue à offrir un avenir meilleur aux enfants touchés par cette malformation. » dit Dr Oscar Ntihabose, Directeur général chargé de la Prévention et de la Sécurité sanitaire

Après quinze années de lutte, les résultats obtenus démontrent qu’avec un diagnostic précoce, un traitement approprié et une sensibilisation continue des communautés, le pied bot n’est plus une fatalité pour les enfants burundais.

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