
Le président burundais, Pierre Nkurunziza, vient de suspendre les taxes sur certains produits alimentaires importés, suite à la crise alimentaire observée à travers tout le pays.
Dans un discours à la nation de ce lundi à la veille de la célébration de la journée internationale des travailleurs prévue pour ce mardi le 1er mai 2012, le président Nkurunziza a annoncé que, à partir du 15 mai jusqu’au 31 décembre 2012, le haricot, les ognons, le riz, la farine de blé, du manioc et du maïs, la pomme de terre, l’arachide, le poisson (le Mukeke et le ndagala) et l’huile de palme sont exonérés des taxes.
Selon le président de la république, le gouvernement abandonne plus de 10 milliards de francs burundais qu’il devrait récolter sur ces denrées pendant ces sept mois concernés par cette exonération fiscale.
En plus, précise le président Nkurunziza, depuis le 1er juillet 2012, des mesures d’austérités vont entrer en vigueur pour sauver l’économie burundaise.
Pierre Nkurunziza interpelle tous les burundais à s’atteler beaucoup plus au travail, aux activités génératrices de revenus, au lieu de perdre du temps dans des aventures moins profitables.
Il demande aux services sécuritaires et administratifs de mettre sur pied des stratégies de lutte contre l’exode rural et les rassemblements de délinquance connus sous le sobriquet de «ligala», des endroits qui sont souvent visités par des paresseux ne voulant pas travailler.
Il appelle les burundais à rompre avec les bistrots, des fêtes inutiles et surtout le changement de mentalité de certains des fonctionnaires de l’Etat qui dilapident leur salaire dans les cabarets.
Il appelle aussi les fonctionnaires de l’Etat et les intellectuels en général de rompre avec le passé et s’adonner aux travaux champêtres ou pastoraux pour augmenter la production.
Le président de la République s’insurge cependant contre les organisations de la société civile et les syndicats qui ont, en mars dernier, appelé les burundais à une grève contre la vie chère. Selon lui, seul le dialogue peut conduire à un bon dénouement.
Les médias burundais avaient annoncé plus de 100 morts depuis un certain temps dans les provinces de Kirundo et Cibitoke suite à la crise alimentaire, mais la ministre de la solidarité nationale, Mme Clotilde Niragira, a en reconnu 35 personnes seulement.
Le parti Sahwanya Frodebu avait appelé le gouvernement à prendre des mesures indispensables pour sauver les burundais qui meurent de faim.



