CNTB : Une restitution d’une maison qui pose problème

    0
    460


    Après mult tractations entre la police et les jeunes de la commune de Ngagara , Nyakabeto Justin a été contraint malgré lui de remettre la maison à la personne qui se dit toujours propriétaire de celle-ci. Gaz lacrymogènes, tir de balles réelles en l’air, insultes, téléphones par personnes, voilà certains des éléments qui ont caractérisé cette restitution. La joie à son comble du côté de la police contraste tellement avec l’acceptation dans la résignation ou plutôt la mort dans l’âme de Jusitin Nyakabeto et de ses proches.

    {{De 8 heures à 10 heures : les ordres par téléphone ou simple appel}}

    Les jeunes de la commune sont enragés. Leurs cris fusent de partout, des invectives aussi particulièrement à Pasteur Habimana, un membre de la Commission Nationale des Terres et autres Biens, CNTB.

    Lorsque les policiers tentent d’escalader les murs pour entrer de force dans ladite maison, les jeunes larguent des pierres et les policiers se résolvent de rebrousser chemin. La scène continue ainsi au fur et à mesure. Au moins une dizaine de camionnettes de la police arrivent tour à tour sur place pour s’imprégner de la situation.

    Certaines d’entre elles partent aussitôt. Ici et là le directeur général adjoint de la police et le commissaire général adjoint de la région ouest ne cessent de recevoir des appels au téléphone.

    {{De 10heures à 12heures : le temps des démonstrations militaires}}

    Vers 10 heures, les divergences se développent entre ces deux blocs. Les éléments de la police deviennent davantage nombreux. Une vingtaine d’entre eux qui se munissent des boucliers et des grenades lacrymogènes commencent à faire des exercices physiques le long de la route dite Rya Kanyoni qui mène vers la commune de Cibitoke en Mairie de Bujumbura.

    Pierre Claver Mbonimpa , président de l’APRODH, Association pour la Promotion des Droits de l’Homme au Burundi, tente de convaincre la police et les responsables de la CNTB de reporter ce programme à plus tard afin d’être économe de sang puisque les risques de recours à la violence sont là puisque la jeunesse est davantage enragée main en vain.

    « Normalement le contexte actuel exige plus la présence de l’ombudsman. Je regrette de constater qu’il n’est pas là pour voir la scène de ses propres yeux », a-t-il souligné.

    Des négociations entre Nyakabeto , qui se dit victime d’injustice de la part de la CNTB et les policiers en collaborations avec les responsables de la CNTB commencent timidement. D’un côté Nyakabeto est résolu à mourir à l’intérieur de la maison plutôt que de quitter pacifiquement.

    De l’autre, les policiers et la CNTB veulent mettre en application la décision contre vents et marrées. Alors que Nyakabeto était visible à travers une jalousie érigée sur le portail, cette fois les discussions commencent avec lui et ces autorités de la Mairie en collaborations avec les agents de la CNTB à travers la porte.

    Les discussions persistent et dans l’entre les policiers ont déjà amené une bombonne dont ils pourraient se servir lorsque Nyakabeto refusera de s’exécuter de manière pacifique. Une vingtaine de policier se placent près de la maison boucliers et grenades à la main et fusils de type Kalachnikov en bandoulière.

    {{De 12 heures à 15heures : le tirs dans Ngagara}}


    A midi 05 minutes les choses se compliquent. Une dizaine de véhicules garés près de la maison de Nyakabeto vident la localité probablement à cause des pierres sur cette place. Le cout d’envoi est donné. Le directeur général adjoint de la police intime l’ordre aux policiers de faire assaut sur la maison. Des jeunes qui étaient depuis 7 heures, visiblement fatigués à cause aussi de trop de soleil commencent à fuir à cause des tirs de gaz lacrymogènes contre eux.

    D’autres larguent des pierres contre ces policiers en même temps qu’ils courent dans tous les sens. Alors que le marché avait fermé vers 10, c’est le chaos au quartier 2 de la ville de Ngagara. Des tirs en l’air de balles réelles et des gaz lacrymogènes s’entendent partout et surtout dans la maison de Justin Nyakabeto pendant au moins 5 minutes.

    Dans l’entre temps Justin et les siens se rendent. Ils sont battus par une police visiblement enragée. Une dizaine de jeunes et Nyakabeto lui-même sont embarqués à bord des véhicules de la police vers une destination inconnue.

    Une camionnette privée transporte les biens de la famille Nyakabeto vers la police. Il faudra attendre vers 17 heures pour que la vie reprenne son cours normal après la remise des clés de ladite par Nyakabeto.

    La CNTB et l’administration de Ngagara ont indiqué qu’elles ont fait appel à l’intervention de la police parce que Nyakabeto avait refusé de s’exécuter de manière pacifique.

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici