Rugari, les victimes de 1972 déjà recensées, La CVR devancée!

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    {{Rugari, une des zones de la Province Muyinga, une liste des personnes tuées victimes de leur ethnie a été déjà établie par les orphelins. Quarante et deux ans après, les veuves et les orphelins commencent à témoigner publiquement du calvaire vécu, la Commission Vérité Réconciliation CVR tant attendue est devancée.}}

    Abbé Astère Hakizimana, Curé de la Paroisse Rugari en 1972, c’est la tête de liste de 76 personnes clairement identifiées noms et prénoms avec la colline d’origine et leurs fonctions au moment de leur assassinat. Bon nombre de ces personnes toutes natives de la zone Rugari ont été tuées en 1972.

    Sur cette liste établie par les familles tuées, figurent aussi 8 autres religieux, 33 enseignants, un ministre, des militaires, des commerçants et quelques cultivateurs, tous tués à cause de leur ethnie d’après les orphelins et veuves des disparus.

    Seules les personnes non identifiables ont été recensées, observation de Joseph Bamporiki, représentant à Muyinga de l’Association pour le Mémoire et la protection contre les crimes internationaux, AMEPCI en sigle. Il souligne par exemple qu’on a omis une liste de 18 élèves au lycée de Rugari également tués en 1972 mais dont l’identification n’est pas complète.

    Les orphelins s’indignent du fait que jusqu’aujourd’hui, les familles ignorent ou les bourreaux ont jeté les corps des disparus. Pour le représentant de l’AMEPCI, certains dirigeants ayant trempé dans les massacres restent en vie, il faudrait qu’ils aient le courage de dévoiler ou sont les fosses communes. Ensuite, on inhumera dignement les victimes et procéder à l’organisation des levées de deuil.

    { {{Témoignages publics, soulagement}} }

    Dimanche 18/mai 2014, c’était la commémoration de la mort de tous les natifs de Rugari tués de 1962 à 2003. Dans une messe en la mémoire des disparus, l’Abbé Joseph ZIWA a indiqué que si des Burundais ont tué d’autres Burundais, c’est à cause de la mauvaise politique dite du { {{« ventre »} }}.

    Certains gouvernants considèrent le pays comme un bien acheté, oubliant que c’est le patrimoine commun, don de Dieu, estime ce prêtre.

    Après la messe c’était le tour des témoignages publics pour soulager les esprits. La mauvaise communication des dirigeants a été mise en exergue. { {{« On nous disait que les hommes enlevés sont partis en réunion »}} }. Après avoir soupçonné la mort des nôtres, { {{« on nous empêchait de pleurer mais on nous exigeait plutôt de chanter »}} }. Tels sont quelques témoignages des veuves et orphelins.

    Des larmes ont coulé sur le visage d’un homme de 42 ans, ne connaissant que de nom son père tué un mois avant sa naissance, on lui a montré la photo de son père. En effet, sa mère avait détruit toutes les photos de peur d’être arrêtée car les administratifs lui signifiait que son mari était un régicide: UMUMENJA en KIRUNDI, terme utilisé en cette période pour désigner les victimes à abattre.

    Lors des témoignages certaines veuves commençaient à citer un ancien administrateur toujours en vie comme étant criminel, les organisateurs de la commémoration les en ont empêchées. L’heure des dénonciations n’a pas encore sonné, il faut attendre la CVR, c’est l’argument avancé.

    {{La CVR, commission devancée?}}

    Avec ces témoignages et l’établissement des listes des victimes, n’est ce pas une façon de devancer la Commission Vérité Réconciliation CVR ? C’est la question posée à Aloys Batungwanayo, Président de l’AMEPCI, également présent à Rugari pour la commémoration. Pour lui,{ {{ « c’est plutôt préparer du terrain à la CVR »}} }, déjà, les Burundais commencent à dire la vérité.

    Se félicitant du fait que la loi relative à la CVR a été déjà adoptée par l’Assemblée Nationale, le représentant de l’AMEPCI soulèvent tout de même quelques lacunes de ce projet de loi dont le fait que la liste des bourreaux ne serra pas rendue publique alors que c’est la réclamation des victimes.

    Vous saurez que Rugari est une localité d’une histoire particulière, avec l’éclatement de la guerre civile burundaise en 1993, les habitants de Rugari sont restés unis, hutu et tutsi assistant ensemble des rescapés des massacres en provenance d’autres communes. D’après Jésus Mari Joseph Ntinanirwa, orphelin de 1972, c’est un signe que les habitants de Rugari se sont réconciliés depuis longtemps, que cette localité sert de modèle, maintenant, { {{« on peut procéder à l’organisation des levées de deuil définitive »}} }, déclare Joseph.

    Dans cette commémoration, pas de représentation des autorités communales et provinciales, les organisateurs de l’activité ont cru à un empêchement à cause d’un calendrier surchargé des administratifs.

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