A l’heure de la récolte du haricot, le prix a sensiblement chuté sur le marché local au dépens du producteur agricole. Le crédit stockage ou crédit warranté constitue la garantie en attendant que la valeur du haricot augmente sur le marché.

Sur différents marchés de la province Muyinga le petit vendeur du haricot perçoit entre 500 et 800 Fr par kilogramme. Un prix jugé insuffisant par les cultivateurs mais qui continuent à écouler leurs productions malgré eux. ″Nous avons besoin de l’argent pour nous procurer d’autres produits or nous n’avons pas d’autres ressources″, déclare M. Minani André, cultivateur croisé à Karemera près du chef lieu de la province Muyinga. “C’est normale, depuis des années ; au moment de la récolte ;la valeur du haricot chute sur le marché”, ajoute une femme de la localité sous couvert d’anonymat.
Pour bon nombre d’habitants de la ville, c’est une occasion de constituer des stocks de ce produit aliment de base. “Les productions de l’haricot ne peuvent pas échapper à la loi de l’offre et la demande”, estime un observateur, quand un produit est abondant sur le marché, les prix chutent renchérit-on.
{{Le warrantage à la rescousse.}}
Roger Sendegeya , Directeur provincial de l’agriculture et l’élevage condamne la mauvaise habitude des producteurs de gaspiller leurs productions juste au moment de la récolte. Des hangars de conservation des semences ont été érigés dans différentes zones de la province Muyinga. “Les cultivateurs devraient se souvenir que lors des préparatifs de la saison culturale et surtout en pleine période de soudure, le prix du haricot équivalait au double de la valeur actuelle”, ajoute-t-il. Ce directeur invite les agriculteurs à conserver leurs récoltes dans ces hangars opérant comme des banques de dépôts avec approche warrantage dans es communes Buhinyuza et Mwakiro.
Par cette approche, le petit producteur obtient un prêt de la part d’une coopérative au regard des quantités des vivres déposées dans le hangar. “Non seulement, cette production est à l’abri des voleurs dans les ménages mais aussi, avec ce crédit, le cultivateur a accès aux services financiers sans souci en attendant que le prix soit favorable sur le marché”, a-t-on appris d’un ingénieur agronome du Réseau 2000⁺, organisation qui intervient dans l’encadrement des agro éleveurs. “Ce système permettra de réduire le risque agricole chez ceux qui gaspillent toute leur récolte à bas pris pour enfin chercher des semences aux prix exorbitant”, reconnait le Directeur de l’agriculture et l’élevage en province de Muyinga.



