
Le Procureur Général de la République Valentin BAGORIKUNDA a annoncé mardi au cours d’ une conférence de presse à Bujumbura que le dossier d’information sur les cahiers payés par l’Ouganda est classé sans suite.
Valentin BAGORIKUNDA fait savoir que la dette que l’Ouganda devait au Burundi est en cours de remboursement et qu’une partie du matériel scolaire est toujours sous livraison.
Cependant, le dossier qui avait été ouvert suite à la plainte du député Manassé Nzobonimpa, du parlement des pays de l’Afrique de l’Est, va prendre une autre tournure.
Selon le procureur général de la République, des enquêtes préliminaires, prouvent à suffisance que le député NZOBONIMPA a menti, en accusant certains dignitaires, d’avoir trempé dans cette affaire, une affaire qui, selon NZOBONIMPA, avait permis à certains ténors du parti au pouvoir de détourner plus de 11 milliards de francs Burundais.
Le Procureur Général de la république a souligné que Manassé Nzobonimpa fera objet de poursuites judiciaires car, selon lui, les hauts dignitaires qu’il avait injustement accusés ont porté plainte contre lui.
L’Olucome de son coté se dit ne pas être étonné par la décision de la justice Burundaise de classer sans suite le dossier de « détournement » de la dette que l’Ouganda devait au Burundi.
« Cela entre dans la logique des autres dossiers de malversation que la justice a classé sans suite »déplore le président de l’Observatoire burundais de Lutte contre la corruption et les Malversations Economique. Gabriel RUFYIRI indique que le dossier PICFARE rappelle d’autres dossiers de corruption et de malversations des dizaines de milliards de Francs burundais qui sont étouffés dans l’œuf suite à l’implication présumée de certaines autorités de l’Etat.
« Nous allons continuer à plaider pour que la justice fasse son travail »souligne le président de l’OLUCOME, ajoutant que tous les recours ne sont pas épuisés sur ce dossier et bien d’autres qui ont été classés sans suite.
Le dossier PICFARE fait un manque à gagner d’un montant de 10 millions de dollars américains que le Gouvernement ougandais devrait rembourser au Burundi avec intérêts de retard.
Par ailleurs, au cours des enquêtes en décembre 2011, une équipe des parlementaires des Comptes de l’Etat ougandais ont découvert beaucoup de zones d’ombres autour de ce dossier. Lors des auditions, pas mal de cadres du ministère des Finances de l’Ouganda ont été écouté, tour à tour, par cette commission.
Cette commission parlementaire qui a même auditionné les cadres de la société PICFARE se dit étonné par le fait que cette compagnie ne disposait que des preuves de livraison de 3,5 millions de dollars uniquement au Burundi, évoquant ainsi un détournement présumé de 10,5 millions de dollars.
Cependant, l’Ambassade du Burundi en Ouganda a déchargé la compagnie PICFARE le 12 décembre 2011, évoquant la livraison qui continue du matériel scolaire au Burundi, ce qui contredit les propos du président de la république, Pierre NKURUNZIZA avait plutôt parlé de don de cahiers ougandais lors de la 1ère livraison.
Rappelons que la dette résulte de l’assistance en matériels que le gouvernement burundais sous la présidence de Jean Baptiste Bagaza a offerte aux rebelles de la NRA (National Resistence Army) dirigée par Yoweri Museveni, l’actuel président ougandais, pendant la rébellion de 1981-1986. La compensation du matériel offert à la rébellion s’évaluait à 8 millions de dollars, soit actuellement 14 millions de dollars américains avec intérêt de retard.




