
Contrat social ou règlement à l’amiable ? La colline SAMVURA de la commune MABANDA en province MAKAMBA connait une réinstallation timide des réfugiés de 1972. Un retour plein de surprise et de tristesse pour une centaine de familles déjà recensée, elles ont déjà perdu la moitié de leurs propriétés.
Ils ne se verront pour la 1ère fois qu’un bon matin de décembre 2008. Tous âgés d’une soixantaine d’années, Norbert BITABONEKA et Gordien HEBERI se réclament propriétaires d’une même parcelle de 2ha de la colline SAMVURA. Hutu et Tutsi, ces deux hommes sont victimes d’une crise sociopolitique qui n’a que trop duré. L’heure est à la recherche d’un terrain d’entente.
A 22 ans, le jeune Norbert BITABONEKA de l’Ecole Normale de GITEGA échappe de justesse à un escadron de la mort qui a pris pour cible, les intellectuels Hutu en 1972.Il tente de regagner SAMVURA sur un laisser passer lui accordé par Cyrille SINDUHIJE, alors commandant du 3ème bataillon militaire de GITEGA. Mais hélas, sa colline natale est presque inhabitée. Sauf des vieillards de l’époque, tous les jeunes Hutu avaient déjà vidé les lieux vers la Tanzanie, Norbert ne verra sa famille que plus tard au camp des réfugiés de GATUMBA au district de MPANDA dans la région de Dar es Salam.
Animé d’esprit de poursuivre ses études, Norbert ne va pas
Le « couple » Norbert et Gordien n’est pas isolé d’autres cas de figure, des centaines d’autres familles sont déjà recensées par l’administration à la base, a indiqué Elias KABURA chef de colline SAMVURA, élu parmi les résidents.
Cependant, le partage de la terre n’a pas été accepté par tous les concernés aussi bien chez les rapatriés que chez les résidents, des règlements de compte ne sont pas à écarter. Un cas a déjà été documenté par l’administration sur un rapatrié retrouvé mort en novembre 2011, l’actuel chef de colline SAMVURA l’a confirmé. Elias KABURA explique qu’une solution durable est d’accepter le compromis de partage de la terre avec possibilité d’indemnisation comme prévu par les accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation du peuple burundais. Une solution qui n’est en tout cas sujet à caution par le gouvernement du Burundi.




