Grève contre la vie chère: syndicats satisfaits, Gouvernement en colère

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    Le président de la Confédération Syndicale du Burundi, COSYBU, Tharcisse Gahungu, se dit satisfait par la réussite de l’appel lancé par les syndicats et les organisations de la société civile de manifester leur mécontentement contre la vie chère en restant à la maison.

    Joint par téléphone ce mardi à Bujumbura, le président de la COSYBU souligne que la plupart des secteurs de la vie privée comme publique ont répondu à l’appel, et c’est une réussite, a-t-il souligné, ajoutant que malgré les intimidations de la part des autorités administratives et certains agents de la police dans la ville de Bujumbura, les mécontents ont fait un geste.

    La COSYBU trouve que c’est un coup d’envoi et menace d’aller plus loin si rien n’est fait pour remédier aux problèmes liés à la vie chère, selon toujours Tharcisse Gahungu.

    « C’est le début si la solution n’est pas trouvée, demain c’est autre chose » a-t-il martelé.

    Le Président de cette confédération a également fait savoir que pas mal de gens ont été objets de menaces de la part de la police et de l’administration locale.

    Par exemple, à Muyinga, les transporteurs ont été terrifiés par des actions policières de filmer ou photographier des véhicules qui stationnaient suite à cette grève.

    En plus, les syndicats soulignent que certains employés de l’Etat se sont rendus au travail suite aux intimidations, évoquant que le droit à la grève reste un droit.

    {{Et le Gouvernement de féliciter les non-grévistes, ( …)}}

    Dans un communiqué qui vient tomber sur table de notre rédaction, le Gouvernement condamne avec toute énergie mêlée de colère des appels de la part des syndicats et de la société civile contre la vie chère.

    «Encore une fois, le Gouvernement dénonce et condamne tous ceux qui incitent les autres au chômage alors que eux-mêmes restent à leur travail de sape en entretenant le mouvement de grève, travail vendu et rémunéré auprès de leurs partenaires, à qui ils rendent régulièrement rapport en vue d’accélérer le blocage des subsides.

    «Il y a lieu de s’interroger s’ils vont partager avec ceux qui auront répondu à leur appel à la grève », lit-on dans ce communiqué rendu public ce mardi à Bujumbura.

    Selon le Gouvernement burundais, le gros de la population est resté au travail, d’où son encouragement.

    « Le Gouvernement félicite tous ceux qui ont répondu à l’appel que le Gouvernement leur a lancé à continuer à vaquer à leurs différentes occupations, c’est-à-dire les paysans qui ont passé la journée dans leurs champs, les ouvriers dans leurs usines et chantiers, les pêcheurs dans les lacs, les fonctionnaires à leurs différents postes d’attache, bref, tous ceux qui ont compris que seul le travail assidu constitue le seul remède efficace contre le défis de la vie quotidienne», lit-on toujours dans ce communiqué du Gouvernement.

    Très colérique, le Gouvernement semble vouloir revoir certains textes régissant la société civile : « Le gouvernement demande au Ministre ayant la gestion des associations dans ses attributions de revisiter les différents textes régissant ces associations afin de clarifier et délimiter le rôle de chacun de façon à éviter les amalgames et des confusions qu’on observe,» selon ce même communiqué du Gouvernement, signé par son Porte-parole, Philippe Nzobonariba.

    Notons que le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, avait interdit à toute personne de suivre l’appel des syndicats de manifester contre la vie chère. Selon lui, des sanctions sont même possible face à ceux qui tenteraient de s’absenter ou de perturber l’ordre public.

    Cependant, les syndicats avaient appelé, de leur côté, les syndicalistes et autres fonctionnaires, publics comme privés, de rester à la maison durant toute la journée de ce mardi, pour dire non à la vie chère.

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