
Il est 9h 37 minutes; on débarque à l’hémicycle de Kigobe. Apparemment, les choses se déroulent bien, sous un beau soleil mais à l’intérieur, les honorables ne sont pas encore là, sauf un employé de l’Assemblée Nationale qui essaie de placer sur les tables des députés, certains documents, dont le programme des activités de la journée.
10h 15 minutes, la sirène retentit, les députés qui étaient massés à l’extérieur de l’hémicycle entrent. Certains entrent en groupes, d’autres un à un.
Entre temps, les hommes et femmes des médias et autres invités continuent d’arriver, ils sont accueillis par les employés de l’Assemblée Nationale. Parmi eux, un homme se fâche contre les journalistes, les oblige de quitter leurs places, une femme à coté s’y oppose et défend les journalistes. La bagarre se termine et l’homme s’excuse auprès des journalistes, l’ambiance continue…
A 10h 40 minutes, le bureau de l’Assemblée Nationale arrive et deux minutes plus tard, les activités commencent. C’est Ntavyohanyuma Pie, président de cette chambre basse du parlement qui les dirige.
Ordre du jour : élection des neuf députés qui représenteront le Burundi à l’East African Legislative Assembly (EALA), Pie Ntavyohanyuma indique.
Avant de commencer les travaux proprement dits de vote, il passe en revue des noms des candidats devant lui pour cette prestigieuse institution de l’Afrique de l’Est.
Le premier candidat est Jérémie Ngendakumana, né en 1954 à Muramvya au centre du Burundi, député, ancien ambassadeur Extraordinaire Plénipotentiaire, au Kenya, ancien chef comptable et qui vient d’être remplacé à la tête du parti présidentiel. Il a un diplôme de l’Institut du Commerce du Burundi, (ISCO) et possède une attestation de réussite de la 1ère licence à l’ISGE en sciences Economiques.
Le second candidat de ce même parti Hafsa Mossi, née à Makamba au sud du Burundi, en 1964, qui était jusqu-ici Ministre à la Présidence chargée des affaires de l’Afrique de l’Est, ancienne journaliste à la RTNB, puis à la BBC, qui a servi à maintes reprises comme proche du Gouvernement, d’abord en tant que porte-parole du Président Nkurunziza, puis en tant que son conseiller en communication, puis comme ministre de la communication, puis comme ministre des Affaires de l’EAC, …, avec un Curriculum Vitae, un peu long, jusqu’à ce que le président de l’Assemblée Nationale arrête de le parcourir tout, faute peut être de temps, ou tout simplement, parce qu’elle est très connue.
Ce même parti a également présenté Léonce Ndarubagiye, né en 1942 à Mwaro, (centre du Burundi), avec un CV relativement long, mais avec une particularité car il parle des langues un peu moins connues au Burundi : le bulgare, le danois et l’allemand, en plus des quatre langues qui se parlent au Burundi, c’est-à-dire le français, l’anglais, le Kirundi et le kiswahili. C’est un agronome, un des burundais qui ont fréquenté des universités de la Bulgarie.
Puis vient Mme Emérence Bucumi, née à Nyamurenza, une mathématicienne de l’Université du Burundi, avec beaucoup plus de connaissances en Statistiques avec quatre enfants. Elle sert actuellement comme député du Burundi à l’EALA.
Et en fin Isabelle Nahayo née à Gitega en 1972, Diplômée en Coopérative and Management, à l’Université de Moshi, en Tanzanie, et c’est fini pour le parti du Président !
A l’Uprona, deux candidats sont sur la liste. Le premier connaît déjà l’EALA. C’est Frédéric Ngenzebuhoro, ancien vice-président de la république, né à Rutana, au sud du Burundi, en 1952. Diplômé de l’Université du Burundi, en langues (Français-Kirundi), puis certifié de Paris V, Sorbonne à l’Institut René Descartes et à l’Université de Dakar. Il a servi à maintes reprises comme, ministre, avec un long CV, jusqu’à ce que le président de l’Assemblée décide d’interrompre la lecture de son CV.
Puis vient Dr. Martin Nduwimana, médecin, pédiatre et Maître en Education sanitaire, formé respectivement à l’Université du Burundi, puis à l’Université Libre de Bruxelles, puis à l’Université de Montréal, né à Bururi en 1958. Lui aussi, la carrière n’était facile à lire, suite à ses fonctions, mais retenez quand même qu’il fut premier vice-président de la république, dans la première moitié de première la législature de Nkurunziza.
Frodebu Nyakuri, une troisième formation politique de l’Assemblée Nationale avait présenté Yves Nsabimana, ancien ADG de Telecel Burundi, actuellement membre de l’EALA. Il est né non loin du lac Tanganyika et de la ville de Bujumbura en 1960 dans la commune de Kabezi. Il est diplômé de l’université du Burundi en Sciences Politiques. Il a travaillé aussi à l’Onatel, après avoir servi comme enseignant à l’Ecole Nationale des Télécommunication.
Et enfin, Emmanuel Nengo, de l’ethnie Twa originaire de Gitobe à Kirundo, né en 1975 et célibataire. Il travaille à la Commission Nationale Terre et autres biens, CNTB, mais aussi à l’Uniproba, cette association chargée de la promotion des Batwa. Il est diplômé de l’Université du Burundi, en Langues et Littératures Africaines.
A la fin de la lecture des CV, à la demande du président de l’Assemblée Nationale, toutes les 84 mains des députés présents étaient en l’air, mais Norbert Ndihokubwayo du Frodebu Nyakuri avait levé deux, car il votait aussi pour son chef Jean Minani qui était empêché
Ainsi, la liste a été votée à 100% ni question, ni amendement alors qu’une majorité absolue, c’est-à-dire 51%, était le minimum requis pour que la liste passe, comme le disait le chef des travaux.
Le jeu était déjà fini, ils savaient, et d’ailleurs tout étaient prévenus, que les candidats avaient été retenus après des négociations entre les groupes de cette chambre basse du parlement burundais et même de leurs partis, pourquoi pas entre eux !!
A 11h 20 minutes, c’est la fin des travaux de l’avant midi….




