
« Aristote qualifie de vice de raisonnement les arguments à travers lesquels l’individu au cours de sa défense fait référence à des personnes au lieu de donner des faits de nature à prouver la grandeur dans ses propos,» ce sont les propos du professeur Gertrude Kazoviyo s’exprimant sur la récente riposte de Philippe Nzobonariba sur la position du gouvernement par rapport au rapport de HRW sur la violence politique au Burundi depuis la fin des élections de 2010. Selon elle, La réplique de Philippe était vide de contenu en termes d’arguments. “Il lui aurait été mieux de se taire au lieu de parler pour parler.”
Dans ce rapport en effet, HRW a montré que pendant cette période des dizaines de burundais ont été tués sur des motivations politiques. L’enquête revient sur les noms des personnes tuées dans la province de Gitega, Bubanza et en particulier Bujumbura avec des noms à l’appui. Elle montre aussi les moments forts de la violence politique au Burundi comme le carnage de Gatumba avec des noms des victimes chaque fois.
HRW a cherché à rendre public ce rapport à Bujumbura au cours d’une conférence publique mais le ministère de la justice en a refusé la publication. Il aura fallu sa publication sur internet malgré ce désaveu du gouvernement de Bujumbura.
Dans ses propos après la publication de ce rapport, le porte parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba en réaction contre ce rapport, n’a pas du tout fait appel au langage de bois. Sans passer par quatre chemins, il a indiqué que ce rapport s’inscrit dans la lignée d’autres déclarations de cette ONG dont l’objectif ultime est de ternir l’image du Burundi.
De la part de Philippe Nzobonariba, certains médias, les organisations de la société civiles, certains hommes politiques en sont les mains invisibles.
Après cette réplique gouvernementale, des réactions sont venues l’une après l’autre, c’est le moins que l’on puisse dire après la sortie médiatique de Philippe Nzobonariba.
Gértrude Kazoviyo, Porte parole de l’OAG indique que de tels propos de la part d’une telle personnalité ne visent qu’à abaisser sa personne en se référant à Aristote, un des pères des sciences du langage.
Il aurait fallu mieux se taire plutôt que lancer de telles invectives qu’elle n’a pas hésité de qualifier de fallacieuses.
«Il aurait été plus sage pour le porte parole du Gouvernement de se taire plutôt que de se rabaisser en parlant des personnes,» a-t-elle indiqué.
De tels propos sont aussi loin de redorer l’image de ce pays de la part de ce professeur d’université.
Pacifique Nininahazwe , Délégué Général du Forsc, n’a pas du tout fait preuve de sagesse dans sa réaction sur les propos du porte parole du gouvernement. «Les conventions internationales et nationales auxquelles le Burundi a ratifiées accordent à la société civile burundaise de collaborer avec des organisations étrangères notamment parce qu’elles ont l’objectif de promouvoir un état de droit,» a t il indiqué.
Selon lui, le gouvernement devrait plutôt prendre des mesures de natures à améliorer sa gouvernance au lieu de recourir à des ripostes dépourvus d’arguments. Des arguments qui, selon lui sont loin de nous rappeler un Nzobonariba de l’époque quand il était encore à l’opposition.
Le président de l’ABR, Vincent Nkeshimana lui aussi n’a pas manqué de réagir. Il a dit que ces propos contrastent avec son âge. Au lieu de chercher des boucs émissaires il devrait plutôt faire preuve d’innovations et chercher des arguments convainquant au lieu de recourir à des alibis.
Il aurait fallu mieux montrer où sont ces personnes tuées au lieu de s’en prendre aux citoyens a indiqué le vice président du Frodebu.




