
La Regideso vient d’annoncer la reprise des délestages dans les quartiers et chefs-lieux des communes dans tout le pays, suite à un déficit énergétique de plus de 7 mégawatts que connaît le pays.
Dans une conférence de presse conjointe animée ce mardi matin par le Directeur de l’électricité, Désiré Nsabiyumva, et le Conseiller Spécial du Directeur et porte-parole de cette entreprise, Augustin Baruvuza, le niveau de l’eau à Rwegura est en train de diminuer, tandis que l’énergie qui provenait du Congo a été revue à la baisse suite à une diminution du niveau du lac Albert.
Si le barrage de Mugere produisait plus de 8 mégawatts au paravent, presque la moitié de sa production n’est plus disponibles aujourd’hui, tandis que même la compagnie tanzanienne Pivotech qui avait promis de produire une quantité importante d’électricité thermique durant toute cette saison sèche n’a pas respecté ses engagements au moment où son contrat prendra fin en septembre sans avoir commencé.
« C’est plus grave qu’avant » prévient le porte-parole de la Regideso. Il indique que la situation est alarmante ces derniers jours, à tel enseigne que, depuis ce mercredi matin à 7h désormais, certains endroits seront sans électricité, sans doute condamnés à un chômage.
De 7h à 15h, souligne –t-il, certains endroits seront servi en électricité, tandis que depuis 15h jusqu’à 22h, d’autres partis du pays seront aussi servis, du moins ceux qui auront passé toute la journée sans électricité.
Depuis 22h alors, ça sera uniquement les hôpitaux et l’aéroport et autres infrastructures de grande importance qui garderont le courant, jusqu’au matin et tout le reste, sera dans le noir !
Ce n’est pas la première fois que le Burundi plonge dans le noir causé par ces délestages, mais les solutions semblent être un peu éloignées.
Selon le porte-parole de la seule compagnie publique qui vend de l’eau et de l’électricité au Burundi, le pays est en train de construire des barrages électriques et entend aussi le continuer dans les jours qui viennent avec de nouvelles infrastructures électriques.
Ainsi, souligne Baruvuza dans sa conférence de presse, le Gouvernement se construit pour le moment le barrage de Mpanda à Bubanza, et vient de signer un accord avec deux autres pays de la CEPGL, c’est-à-dire le Burundi et le Rwanda pour construire ensemble le barrage de Ruzizi III.
Ce projet qui coûtera au moins 500 millions de dollars produira en tout au moins 145 mégawatts déclare cet officiel de la Régideso, ne précisant pas pourtant à quand le début des travaux et par conséquent le début de la production de son premier mégawatt.
En plus le pays pourrait construire, sur aide de l’Union Européenne, le barrage de Jiji qui produira environ 50 mégawatts, tandis que Kabu 16, un autre barrage régional (Rwanda, Burundi et Tanzanie) pourrait produire son premier mégawatt en 2018.
Les choses ne semblent pas être faciles au Burundi grâce au déficit en énergie. L’exploitation du nickel de Musongati, l’une des grandes réserves mondiales, risque d’être reportée en 2016 ou 2017, selon l’Agence Bloomberg, le manque de courant étant la principale cause.
Le porte-parole de la compagnie fait aussi savoir que même certains entrepreneurs, exigeant au moins 2 ou 3 mégawatts pour travailler, sont condamnés à attendre leur lancement d’activités suite à une faible production de l’énergie.
Le taux d’accès à l’électricité au Burundi ces derniers jours varie entre 2.5% et 3%, tandis que le pays utilise autours de 43 mégawatts et importe 14.5 mégawatts en provenance du Congo voisin.




