
« Je me réjouis des activités accomplies par la société civile. Nous avons élu nos parlementaires pour qu’ils trouvent solutions à nos problèmes. Hélas, où sont-ils ?
«J’ai vu des sénateurs et des parlementaires dans la salle. Qu’est ce que vous faites pour la population? » Ce sont les propos d’un citoyen du quartier Buyenzi ce mardi au cours d’une conférence publique qui avait été organisée par les responsables de la société civile sur la problématique de la cherté de la vie.
{{Les tares dans la gouvernance économique}}
Le président du Parcem a en général parlé à propos des difficultés d’ordre économique auquel fait face le pays. Il a dit que les banques au Burundi imposent trop d’intérêts, soit de 8 à 48% aux clients en violations des normes bancaires. La banque centrale n’intervient pas pour venir à bout de ce problème, selon Faustin Ndikumana.
La crise financière a aussi eu des répercussions sur la valeur de la monnaie Burundaise et a contraint la banque centrale au recours à des bons de trésor pour s’acquitter de ses devoirs budgétaires de la part de Parcem. Faustin Nfikumana a indiqué que les citoyens ne sont pas traités de la même façon notamment au chapitre du devoir fiscal.
« L’exonération des droits de douanes, le payement de l’impôt professionnel sur les revenus (IPR) pour les dignitaires, les mandataires politiques et les membres du secteur informel sont entachés de beaucoup d’irrégularités et constituent une injustice sociale criante», a souligné le président du Parcem.
Au moment où le pays fait face à des difficultés financières énormes, Faustin Ndikumana estime que le train de vie de l’Etat devrait être revu.
« Au lieu d’adopter des dépenses budgétaires, les voitures de l’Etat participent dans les fêtes familiales et autres», a-t-il suggéré.
Pour lui, le pays devrait investir dans les secteurs générateurs d’argent. Il a regretté de constater qu’au cours de la récente révision du budget de l’Etat , le ministère de l’agriculture et de l’élevage a été amputé de plus de 600 millions de francs burundais alors que ledit ministère fait entrer plus de 80 % dans le trésor de l’Etat.
Pour lui , la correction de tous ces disfonctionnements par le pouvoir de Bujumbura participerait à développer le pays de la part de Faustin Ndikumana.
{{IPR, un devoir fiscal qui ennuie les citoyens }}
Le président de l’Olucome a dit que les organisations de la société civile se sont engagées à sensibiliser les dignitaires et autres mandataires politiques pour le payement de l’IPR depuis la fin de l’année 2010.
« Jusqu’à présent le dossier est sans issue. Nous estimons que les citoyens sont égaux devant la loi, raison pour laquelle nous demandons que les dignitaires s’acquittent eux aussi de ce devoir fiscal », a souligné Gabriel Rufyiri.
Les personnes qui se sont exprimées ont parlé de deux poids deux mesures dans le payement de l’impôt.
“Les parlementaires sont-ils sensibles aux préoccupations de la population?” S’est interrogé une personne du quartier Bwiza vivant des activités de soudure.
« Quand je vais acheter un instrument de soudure au quartier asiatique, je m’acquitte de ce devoir fiscal mais, pourquoi est-ce-que nos dignitaires ne s’acquittent pas de ce devoir civique alors qu’ils touchent beaucoup?», a-t-il demandé en regardant l’honorable Françoise Ndayizeye élue dans la circonscription de Makamba.
{{Guerre de mots entre le CNDD-FDD et la société civile }}
Les membres du parti au pouvoir ont indiqué que les motivations des membres de la société civile sont plutôt politiques. La sénatrice, Françoise Ndayizeye a dit que les organisations de la société civiles se sont substituées aux parlementaires et sénateurs notamment dans les revendications des droits de la population. Les autres membres du parti Cndd-Fdd ont souligné qu’à l’heure actuelle, les organisations de la société civile n’ont pas construit une seule école ou un centre de santé mais qu’elles excellent plutôt dans les critiques contre le pouvoir en place.
Faux, a rétorqué le président de l’APRODH. “Même le président de la république n’a pas érigé une seule école ou un centre de santé. C’est grâce à l’impôt de la population que certaines infrastructures ont été érigées à travers le pays,” a-t-il martelé.
S’exprimant sur les reproches faites à l’endroit de la société civile, le Délégué Général du Forsc a indiqué que les citoyens ont droits de demander aux mandataires politiques où ils en sont dans la promotion des droits du peuple Burundais.
«Le pays n’est pas une propriété privée du chef de l’Etat ou d’un autre homme ou une femme élu par la population, mais c’est plutôt le peuple qui en garde toujours une mainmise,” a dit Pacifique Nininahazwe.
Cette conférence publique a vu la participation de plusieurs personnalités, inclus les membres du parti au pouvoir comme les parlementaires, les sénateurs, les jeunes du CNDD-FDD, les agents du service national des renseignements, les membres de la société civile, les chargés de la communication dans certaines ambassades accréditées à Bujumbura et autres.
Au départ, le maire de la ville de Bujumbura en avait refusé la tenue mais ce sont plutôt d’autres personnes qui auraient accordé cette permission aux activistes de la société civile selon les propos d’un membre d’une association qui a jugé bon de garder l’anonymat. Deux heures avant la tenue de cette conférence de publique, certaines personnes ont commencé à venir à bord des voitures de l’Etat.




