
Le Burundi doit rejoindre les autres pays dans la migration de la radiodiffusion analogique vers la radiodiffusion numérique afin de s’adapter au modernisme, c’est ce qui ressort d’un atelier d’information et de lancement du processus de cette migration ce lundi à Bujumbura.
Au cours de cet atelier, Déogratias Bizindavyi, chargé des questions et contrôle du spectre des fréquences au sein de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications au Burundi, ARCT, a indiqué que cette migration est impérative pour se conformer aux obligations de l’Union Internationale des Télécommunications, UIT.
Selon ces obligations, les postes de radio et de télévision actuels ne seront plus fonctionnels après la date butoir de cette migration.
« La télévision analogique vit ses derniers moments car elle va être remplacée par la télévision numérique. Quant à la radio, la diffusion sonore analogique en AM et FM va progressivement disparaître pour être remplacée par la radiodiffusion sonore numérique,» a-t-il indiqué dans son exposé.
Déogratias Bizindavyi a précisé aux participants qu’à partir du 15 juin 2015, l’actuelle télévision analogique sera remplacée par la télévision numérique, tandis que cette transition entrera en jeu dès le 20 juin 2020 pour la radio.
{{De quoi aura besoin l’auditeur/téléspectateur ?}}
Le système est le même pour la radio ainsi que la télévision, selon Déogratias Bizindavyi.
{{«L’auditeur ou le téléspectateur aura besoin d’un poste téléviseur /radio, muni d’un décodeur qui convertira le signal du numérique à l’analogique.}}
{{« Une autre option est d’avoir un poste téléviseur/radio totalement numérique capable de recevoir directement le signal numérique, ne nécessitant pas ainsi de décodeur,»}} a-t-il expliqué.
{{Des doutes ne manquent pas, mais ses avantages pèsent beaucoup}}
Cette nouvelle technologie aura sans doute des implications sur la vie de la population dont les moyens financiers ne sont pas tellement énormes pour s’y adapter directement. Déogratias Bizindavyi tranquillise.
« On va y aller progressivement. Le système analogique que nous avons actuellement et le nouveau système vont cohabiter pendant quelques années», a-t-il indiqué.
Parlant des avantages de ce nouveau système, M. Bizindavyi a expliqué que cette technologie permettra aux consommateurs de l’information d’avoir un « son et une image de très bonne qualité, ce qui n’est pas toujours le cas avec la télédistribution analogique actuelle».
De plus, indique-t-il, la technologie permettra d’avoir plus de chaines dans un seul canal, une meilleure couverture géographique, des puissances moins élevées et en ce qui est de la distribution du signal, moins de risques pour la santé (cancer, effets cardiaques et neurologiques), et d’autres.
Il a indiqué que cette nouvelle technologie engendrera des dividendes numériques bénéfiques car elle permettra un développement des réseaux mobiles haut et à très haut débit, une diversification des offres de services surtout interactifs comme la télémédecine, le téléenseignement, téléachat, télétravail. Elle facilitera aussi l’amélioration de l’administration électronique, ainsi que l’aménagement numérique du territoire, selon toujours M.Bizindavyi.
Cette avancée technologique a été très appréciée par la plupart des participants. Mais des interrogations n’ont pas manqué, surtout en rapport avec ses effets sur l’environnement, les coûts de la transition, la réglementation, et autres.
Le ministère de l’information et des télécommunications rassure que tout sera mis en œuvre pour s’intégrer effectivement dans ce nouveau système.
Ferdinand Mbirigi, directeur de l’audio-visuel au sein dudit ministère a informé les participants qu’un comité de pilotage qui rassemble tous les décideurs politiques a déjà été mis en place. Ce comité sera appuyé par un comité technique qui engagera {{toutes les parties prenantes}} dans ce domaine y compris des représentants du gouvernement, des autorités de régulation de l’audiovisuel et des Télécommunications, les opérateurs et les consommateurs, compte tenu de la complexité de ce processus de migration.
«Les acteurs clés de la migration, inclus les opérateurs (radiodiffuseurs publics et privés), les représentants du gouvernement, les régulateurs et les consommateurs, chacun aura sa partition à jouer», a indiqué Ferdinand Mbirigi.
La migration de l’analogique vers le numérique est le résultat de l’accord de Genève de 2006 (GE 06) qui visait la planification de la bande fréquence réservée à la radiodiffusion de terre pour les pays de la zone Une qui regroupe l’ensemble de l’Europe, l’Afrique et la République Islamique d’Iran, selon la subdivision zonale du monde par l’Union Internationale des Télécommunications, UIT.




