CSLP II: Le Oui….. Mais….. de Genève

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    Le ballon d’oxygène tant espéré est là, promis mais il faudra le mériter, la pilule pourrait être amère. La très forte délégation a applaudi l’annonce des contributions faites par les différents partenaires du Burundi. La cagnotte dépasse les prévisions, le CSLP a séduit.

    Des bailleurs traditionnels aux nouveaux venus, tout le monde reconnaît que le Burundi a une feuille de route claire. Certes la plupart des annonces fraisaient déjà partie des programmes déjà fixés dans leurs protocoles, mais au moins le Burundi aura eu droit à entendre que tout le monde salue ses avancées.

    {{Un verre à moitié plein, …. }}

    C’est le langage préféré à Genève, histoire de positiver le pas franchi mais surtout pour reconnaître que le sens de l’évolution est positif mais que le pas doit accélérer la cadence. Les acquis se recrutent dans les secteurs de l’assainissement des affaires, les secteurs sociaux notamment la santé grâce à la mesure de gratuité des frais de scolarité et des soins de santé aux enfants de moins de cinq ans et les soins de maternité, et surtout les deux cycles électoraux qui ont doté le Burundi d’institutions stables même si tout n’est pas que rose.

    {{Oui…. }}

    Sur les deux milliards et cent millions de dollars nécessaires pour financer le Cadre Stratégique de Lutte contre le Pauvreté-deuxième Génération (CSLP II), le Burundi attend 52% des donateurs, soit un milliard et trois cents millions.

    Oui, ils ont dit. Du haut de la tribune devant la délégation burundaise, les délégations promettent d’aider le peuple burundais pour lequel ils éprouvent la compassion mêlée à l’admiration de la volonté et le courage de s’en sortir.

    Sans l’ombre d’aucun doute, les engagements sont là, le CSLPII sera le cadre de référence des interventions des partenaires du Burundi.

    {{Mais …}}

    La grosse épine dans le pied de la délégation burundaise reste certainement les insuffisances notées dans certains secteurs qui, sans demander beaucoup de moyens pour leur mise en œuvre, restent loin des préoccupations de Bujumbura. Et c’est principalement cela l’autre moitié du verre, vide cette fois.

    La question des exécutions extrajudiciaires que le gouvernement voudrait enterrer est toujours au premier rang des préoccupations. Peut-être par peur de ne pas convaincre, la délégation gouvernementale n’a pas contesté le vocable comme il y a quelques temps, et n’a eu de choix que de promettre de poursuivre les auteurs.

    L’arrêt des assassinats politiques donc, mais aussi la cohabitation pacifique et la tolérance, un espace politique de débat y compris avec l’opposition, la question foncière, une magistrature véritablement indépendante et forte, la lutte contre l’impunité, la justice transitionnelle dans tous ses dépens et répondant aux standards internationaux, une loi qui garantit les libertés et qui ne les soumet pas, la lutte contre la corruption, … sont autant de questions qui restent en première page des recommandations au gouvernement burundais.

    {{Le communiqué final, … tout sauf conjoint !}}

    Si les annonces ont satisfait la délégation burundaise, le communiqué final a failli irriter les généreux partenaires qui auraient bien voulu jeter un coup d’œil sur le texte avant sa lecture dans la salle. Un observateur avisé regrettera l’incident en évoquant des réflexes autoritaires et solitaires préjudiciables au Burundi.

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