
Les écoles publiques de Bujumbura n’ont pas fonctionné ce lundi 10 juin. En cause, une grève des enseignants du secondaire qui réclament le paiement de leur salaire du mois de mai. Ils exigent en outre l’harmonisation de leurs salaires à celui des autres fonctionnaires. Une situation qui perturbe le programme scolaire, à quelques jours de la fin de l’année.
Des classes vides, des élèves errant désespérément dans la cour, des enseignants excédés retranchés dans les salles des professeurs. Tel était le spectacle qu’on pouvait voir ce matin du 10 juin dans les écoles de la capitale burundaise. Un mouvement de grève déclenché par la CONAPES (Confédération nationale du personnel enseignant du secondaire) a paralysé le secteur, en ce jour où débutent les épreuves de fin d’année.
Lycée Notre Dame de Rohero, 10 heures. Quelques rares élèves sont encore dans la cour. Les autres sont partis depuis longtemps. Ils discutent entre eux par petits groupes. Au menu des débats, la grève observée par leurs enseignants depuis ce matin, les empêchant par la même occasion de passer leur premier examen. Dans le bâtiment décrépi qui abrite la direction, même ambiance morose. Au fond du couloir désespérément vide, la salle des professeurs. A l’intérieur, les grévistes se replient dans un silence éloquent. Trouvé sur place, leur représentant se refuse à tout commentaire. Juste en face, le bureau du directeur. Lui aussi évite de revenir sur les raisons de la grève. Il espère simplement que celle-ci va passer et que le programme scolaire va reprendre son cours normal.
Ambiance différente au Lycée du lac Tanganyika, à quelques encablures de là. Dans cette école, la plupart des élèves sont restés dans l’immense cour, à l’ombre des arbres. On penserait presque qu’ils sont en récréation. Plus loin, rassemblés dans une des salles, des professeurs discutent. L’ambiance est décontractée et des éclats de rire rythment le murmure des conversations. Le préfet des études est en réunion avec des délégués d’élèves finalistes et des enseignants. Il ressort quelques minutes plus tard, avec une pile de documents. « Cette grève va affecter le programme de passation des examens de fin d’année, surtout pour les finalistes », regrette-t-il.
Constat partagé par les élèves qui risquent de voir leur année scolaire tirer en longueur et de retarder ainsi leurs vacances. Parents, élèves, enseignants et différents responsables d’écoles n’espèrent qu’une chose : que la situation se décante au plus vite, probablement à travers des négociations entre le gouvernement et le syndicat.




