Réactions mitigées après la menace de sanction contre les enseignants grévistes

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    La ministre de l’enseignement de base, primaire et secondaire a menacé de prendre des sanctions contre les enseignants grévistes. Une déclaration qui laisse indifférents les syndicalistes du personnel enseignant qui entendent mener leur mouvement « jusqu’à nouvel ordre ».

    « Les enseignants qui ne reprendront pas le travail seront considérés comme des déserteurs ». Ces propos de la ministre de l’enseignement ont été diversement accueillis par les enseignants de Bujumbura.

    Des salles de classes quasiment vides, à peine quelques élèves révisant leurs leçons en vue de l’examen d’Etat. Telle était l’ambiance ce matin du 19 juin au lycée municipal Musaga. Ici, les enseignants ont largement suivi le mot d’ordre du syndicat CONAPES. Pourtant, ils se sont réunis dans la cour de leur école ce matin pour des « concertations », explique le directeur de l’établissement.

    Un professeur rencontré sur place dénonce « l’injustice notoire » qui frappe le corps enseignant burundais qui, selon lui, est moins payé que les autres fonctionnaires. Pour son collègue, professeur de lettres, la seule issue possible à la grève serait « un dialogue instructif » entre le gouvernement et leur syndicat. En attendant, il affirme que les enseignants poursuivront leur arrêt de travail jusqu’à nouvel ordre.

    Contraste saisissant à l’école primaire Stella Matutina. Les 1600 élèves de cet établissement poursuivent normalement leurs examens. Ici, le mot d’ordre de grève n’a jamais été suivi et tous les enseignants répondent à l’appel. Marie-Thérèse Inamahoro, la directrice affirme « mettre en avant l’intérêt des enfants ». Pour elle, pas question d’arrêter le travail à quelques jours de la fin de l’année scolaire. Elle se dit pourtant solidaire de ses collègues en grève même si elle n’est pas d’accord avec ce mode de revendication.

    Même constat à l’école primaire Mutanga sud où les examens se déroulent sereinement. Ici aussi, pas question d’entrer en grève alors que l’année tend à sa fin.

    Situation mitigée dans le lycée du même établissement où certains enseignants sont en grève alors que d’autres travaillent. Dans la salle des professeurs, seuls trois éducateurs sont présents. Ils corrigent des copies d’examens. Plusieurs de leurs collègues ne se sont pas présentés à l’école. Et pourtant les épreuves de fin d’année se déroulent tant bien que mal. Une enseignante rencontrée sur place et qui a décidé de ne pas entrer en grève reconnaît que les « revendications de ses collègues sont fondées » mais estime qu’il faut accorder plus de temps au gouvernement.

    Le mouvement a commencé depuis le 10 juin dernier par un mot d’ordre du syndicat CONAPES qui regroupe des enseignants du secondaire. Ils ont été suivis une semaine plus tard par leurs collègues du primaire réunis au sein du STEB et SYNAPEP avec qui ils ont les mêmes revendications. Il s’agit du paiement du salaire du mois de mai et de la réévaluation de la rémunération des professeurs sur le barème appliqué aux autres travailleurs de la Fonction publique.

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