Chimpanzé: Le cri de cœur de Jane Goodall se fait entendre au Burundi

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    La biologiste britannique de renom, mieux connue pour son travail
    auprès des chimpanzés sauvages en Tanzanie, s’est rendue à l’Institut
    Français du Burundi à Bujumbura hier pour encourager des jeunes
    environnementalistes et lancer un appel passionné pour la
    préservation des habitats des primats au sud du Burundi et la
    biodiversité au sens large.

    Pendant sa visite de trois jours, Goodall a rendu visite au Parc
    national de la Kibira à la crête Congo-Nil, où habitent la plupart des
    400 chimpanzés du Burundi.

    Selon Jean-Claude Nduwayo, ministre du
    tourisme, il y a des spécialistes sur place en train d’habituer les
    chimpanzés au contact humain afin d’accueillir davantage de touristes
    dans la région. Certains étaient formés par Goodall et son institut
    lors de leur premier séjour au Burundi en 1991.

    Elle s’est aussi entretenue avec le Président de la République, une
    rencontre qu’elle a appelé «favorable. »

    La Dr Goodall a travaillé auprès des chimpanzés dans le Parc National
    de Gombé, aux abords du Lac Tanganyika, depuis 1960. Au cours des
    décennies, dit-elle, elle a vu les forêts autour du parc se rétrécir,
    au profit de l’industrie du bois et l’agriculture de subsistance,
    jusqu’à ce que , dans les années 80, les collines deviennent nues, et que les
    seules arbres se trouvent dans des vallées « à des pentes tellement
    ardues que même les cultivateurs les plus désespérés n’auraient pas pu
    parvenir à y faire pousser de quoi manger.» Pendant la même période,
    selon elle, la population globale des chimpanzés sauvages est tombée
    de 1.2 million à 300,000, répandus sur 20 pays africains.

    En vivant pendant des années auprès des chimpanzés, Goodall a découvert les « comportements fascinants et complexes » de ces animaux, qui chassent avec des outils, communiquent avec un langage de gestes, adoptent des petits orphelins et font même la guerre entre eux.

    « La ligne entre les humains et les animaux n’est pas aussi tranchée
    qu’on avait pensé, » dit-elle. « Mais l’être humain reste le plus
    intellectuel des animaux. Les humains ont pu envoyer une fusée sur
    Mars, et faire en sorte qu’une fois sur place la fusée s’est ouverte,
    un petit robot avec une camera est sorti et cette camera prend toujours
    des photos que nous pouvons voir. Les chimpanzés ne feront jamais
    ça…comment donc se fait-il que l’humain, le plus intellectuel des créatures,
    détruit sa seule demeure ? »

    Jane Goodall, 79 ans, passe sa vie en voyage pour déplorer la
    déforestation et la chasse aux chimpanzés pour la viande de brousse et
    le commerce des animaux vivants.

    « Pourquoi est-ce que je voyage 300 jours par an ? Pourquoi est-ce que
    je ne vis pas tranquillement dans ma forêt que j’aime ? Parce que ce
    sont des choses qui me tiennent éveillée la nuit. »

    Elle déplore ce qu’elle nomme les « styles de vie non durables » de
    certains groupes d’humains qui poussent d’autres à vivre dans la
    pauvreté et abimer la terre à la recherche d’argent et de nourriture
    pour vivre. « La Terre peut satisfaire les besoins de tout le monde,
    mais pas l’avarice de tout le monde, » a-t-elle dit, citant
    l’activiste indien Mahatma Gandhi.

    Mais le Dr Goodall reste optimiste. Elle a noté qu’un « corridor »
    reboisé entre deux forêts préservés autour du Lac Tanganyika a permis
    un chimpanzé de quitter un groupe et rejoindre un autre pour la
    première fois depuis des décennies. Elle est aussi encouragée par des
    groupes de jeunes environnementalistes qui se sont réunis autour de
    son institut dans 130 pays, dont le Burundi et la République
    Démocratique du Congo. Les groupes se nomment Roots and Shoots
    (racines et pousses) .

    « Une petite pousse, tu peux la prendre entre deux doigts et elle a
    l’air tellement faible, mais des racines qui cherchent de l’eau
    peuvent traverser des roches, même les briser ou les écarter, »
    explique-t-elle.

    « A mon âge, je prends de l’énergie d’eux partout où je vais. Ce sont
    des groupes de jeunes qui veulent construire un monde meilleur. Même
    mes groupes à l’Est du Congo disent, le pays n’est pas dans un bon
    état, mais nous grandissons, et quand nous serons grands…ça va bien
    aller. »

    Dr Jane Goodall a toujours de l’espoir. Elle remarque que les humains commencent à utiliser leurs cerveaux de la bonne manière.

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