
{{Le bras de fer entre l’opposition et le parti présidentiel continue depuis le lancement de la collecte des cotisations chez les membres du parti CNDD-FDD. Cependant, l’opposition dénonce une collecte forcée des fonds chez la population déjà appauvries par d’autres taxes et impositions.
Les cotisations sont une initiative du parti présidentiel pour les élections de 2015. Sur les reçues (voir photo) attribuées on lit : « Amatora meza ya 2015 » c’est-à-dire « (Pour) de Bonnes élections de 2015 ». Points de vue des uns et des autres.
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Les partis de l’opposition dénoncent la collecte des cotisations à la hauteur de 300F par individu lancé depuis ce samedi par le parti au pouvoir.
Le porte-parole de l’ADC-Ikibiri, Chauvineau Mugwengezo s’étonne que cette opération « obligatoire » a été organisée par force chez ceux qui ne sont même pas membres du parti depuis le weekend dernier.
« Les femmes qui font leurs activités au bord du Lac Tanganyika nous ont dit que les jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir leur demandait cette contribution. Celui qui a refusé avait été contrainte de le faire par force car on disait que sans la reçue attestant cette contribution, certains services allaient être refusés » explique Mugwengezo.
L’ADC-ikibiri (illégale selon le gouvernement) appelle la CENI à la vigilance soulignant que cette action peut perturber les élections, se refusant cependant de parler de la fraude préélectorale.
La campagne de collecte des cotisations pour les élections de 2015 par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD a été lancée samedi dans tout le pays. Le président du parti présidentiel était à ce moment à Bubanza, sa province natale.
A Cibitoke au nord ouest du Burundi, on signale les membres du parti qui font du porte-à-porte pour demander cette cotisation aux habitants même ceux qui ne sont pas membres du parti CNDDFDD. Le président du parti Frodebu (Opposition) dans cette province explique que les annonces de cette activité ont été postés dans des places publiques alors que celles-ci appartiennent à tout le monde, y compris même ceux qui ne sont pas dans les partis politiques.
Par ailleurs, il faut que les contributions soient internes aux membres d’une formation, pas question d’impliquer tout le public ou ceux des autres partis dans ce genre de chose, martèle Fénias Niyigaba, patron du Frodebu à Cibitoke.
Bien que ce postage semble causer un malaise chez les membres des partis de l’opposition, le Gouverneur de cette province, Anselme Nsabimana, trouve que l’affichage de ces annonces n’est pas un problème bien qu’il ne s’exprime pas sur l’usage de la force dans la collecte de ces cotisations.
Certains endroits ont été aménagés pour accueillir ces « contribuables », qui sont aussi responsables de cette initiative, selon le porte-parole du parti CNDD-FDD Onésime Nduwimana.
« Ce sont les membres du parti eux-mêmes qui ont suggéré qu’il faut donner des cotisations » au parti, rétorque Nduwimana dans une conférence de presse organisée lundi après midi à Bujumbura.
Selon lui, les membres de ce parti s’étaient montrés inquiets par le fait que seuls les hommes et femmes d’affaires étaient les seuls à donner leurs contributions au parti.
Onésime Nduwimana ajoute que les membres de l’intérieur du pays aux faibles revenus mais qui ont supporté certaines contributions lors du maquis, voulaient continuer à soutenir leur parti en payant les cotisations à leurs tailles.
{{« Impôts de capitation »}}
Le parti Mouvement de Solidarité et de Démocratie (MSD) d’Alexis Sinduhije condamne ces taxes « illégales » et demande la fin de ces activités.
Comparant ces cotisations à « l’impôt de capitation » de l’époque des régimes militaires ou même de la colonisation, le MSD demande au Président de la République d’ordonner la fin de cette collecte.
Au CNDD-FDD, comparer ces cotisations à « l’impôt de capitation » est un manque de maturité. Onésime Nduwimana dans cette conférence de presse explique que ceux qui comparent l’activité faite à « l’impôt de capitation » sont peut-être jeunes et ne connaissent pas réellement ce qu’est un « impôt de capitation ».
Martelant sur le fait que la cotisation est libre et non imposée, le porte-parole du CNDD-FDD Onésime Nduwimana dit que les membres des partis de l’opposition ou de la société civile ne sont pas concerné par ces cotisations pour le parti au pouvoir. Par ailleurs, s’exprime t-il, même tous les membres ou sympathisants de ce parti ne sont pas obligés de payer.
Cette idée est directement rejetée par le président de la coalition ADC-Ikibiri, Léonce Ngendakumana, qui dit posséder des preuves selon lesquelles le parti au pouvoir est en train d’user de la force envers population pour la contraindre de payer cette cotisation.
Qualifiant la population burundaise d’appauvrie par les taxes, Léonce Ngendakumana se montre préoccupé par ces taxes et demande aux membres des partis de l’opposition de « garder ces reçues données par le parti pour les transmettre au Frodebu ou à l’opposition en général pour que ces derniers les aident à recouvrer leur argent » au près des instances habilitées.




