Discours à la Nation et les élections de 2015

    0
    631


    {{Le président de la République a, comme à l’accoutumé, prononcé le discours à la Nation, marquant la célébration du 3ème anniversaire de son investiture à la présidence de la République. Nkurunziza, qui fait un deuxième mandat (le dernier), selon certains, et un tout premier (avant dernier) est le président de la république du Burundi depuis 2005. L’opposition croit que Nkurunziza n’a que quelques mois à la tête du pays car selon la constitution du Burundi (et même l’accord d’Arusha), nul ne peut exercer plus de deux mandats à la tête du pays. Le président de la république lui, a annoncé dans les colonnes de Jeune Afrique que si l’on lui demandait, il se représenterait. Il a été élu au suffrage universel direct une seule fois en 2010 alors qu’en 2005 c’était un suffrage universel indirect. A cette époque, seul le parlement a voté en lieu et place du peuple. Cette candidature probable de Pierre Nkurunziza en 2015 semble revenir dans le discours à la Nation de ce lundi. Ce discours à la Nation survole cette intention, l’analyste du discours Gertude Kazoviyo lit entre les lignes de son message à la Nation, un retour à peine annoncé par le président sortant.}}

    Pierre Nkurunziza a prononcé un discours à la Nation ce lundi alors que son Gouvernement célébrait le 3ème anniversaire de son investiture en tant que président de la république. Dans son discours Pierre Nkurunziza dit : « En effet, c’est le 26 aout 2010 que nous avons été investi Président de la République du Burundi pour un mandat de 5ans, après un suffrage universel direct ».

    Pierre Nkurunziza explique que c’est logique de célébrer car le pays est dirigé « par des hommes et des femmes élus par le peuple dans une compétition surtout multipartite de projets-programmes ; ceux qui se sont montrés capables sont reconduits, tandis que les incapables se voient remplacés, toujours par le peuple et par la voie des urnes ».

    Le président de la République revient un peu loin dans son discours sur l’expression « suffrage universel direct ». Il dit « En ce jour où Nous célébrons le troisième anniversaire de notre élection au suffrage universel direct par le peuple burundais, nous voudrions porter à votre connaissance que le programme et le plan d’action pour lesquels Nous avons été porté à la magistrature Suprême continuent être mis en application conformément aux orientations tracées dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté seconde génération(…) ». Lire tout le discours ici en langue nationale :

    {{Une préparation des esprits}}

    Le président de la république Pierre Nkurunziza, en ce qui est de l’usage des termes tels que « suffrage universel direct » fait évoluer des pillons politiques, selon Professeur Gertrude Kazoviyo.

    S’exprimant dans une interview avec la rédaction de la radio Isanganiro ce mardi matin à Bujumbura, Kazoviyo explique que en parlant du suffrage universel qui a marqué le début de ce mandat en cours, le président cherche à préparer les esprits sur sa possible représentation en 2015.

    Selon elle, si le message sur les élections présidentielles de 2015 n’est pas développé dans ce discours, cela ne signifie pas que ce message à la Nation n’y avait pas mis d’importance. Elle explique que le président cherche à lancer dans l’opinion sa candidature pour savoir les réactions des uns et des autres sur son possible retour en 2015.

    Par ailleurs, ajoute-t-elle, ce n’est pas la première fois que le président de la république évoque cette question. La dernière fois, souligne Kazoviyo, Nkurunziza disait sur les ondes de la RFI (Radio France Internationale) que seul le parti est à mesure de lui demander de se représenter.

    Kazoviyo dit cependant que cette annonce faite sur RFI avait été précédée par une autre réponse donnée par le président lui-même en novembre dernier à cette question. Dans un entretien « vert » avec la population, Nkurunziza avait répondu, selon Mme Kazoviyo qu’il demanderait à la cours constitutionnelle d’étudier son cas.

    {{« Tolérance zéro à la corruption »}}

    Selon certains activistes de la société civile burundaise, dont d’ailleurs Pacifique Nininahazwe, président du Forum de Conscience et de Développement, lors de l’investiture en 2010, le président de la république Pierre Nkurunziza avait annoncé faire cheval de bataille la lutte contre la corruption.

    Selon lui donc, cette lutte dite « tolérance zéro à la corruption » a manqué dans son discours à la Nation marquant le 3ème anniversaire de son investiture.

    Le même constat est également fait par président et représentant légal du Parcem (Parole et Action pour le Changement et Eveille des Mentalités), une autre organisation de la société civile. Selon Faustin Ndikumana, les citoyens s’attendent à la concrétisation des promesses faites en 2010 lors de l’investiture de Pierre Nkurunziza.

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici