
Les Nations Unies vont utiliser deux drones à partir de ce mardi pour surveiller les frontières entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo, RDC, et les mouvements des groupes armés, selon Martin Kobler, Représentant Spécial du Secrétaire des Nations Unies en République Démocratique du Congo.
« On va lancer des aéronefs sans pilote et non armés, communément appelés Drones, (…). Les drones sont très, très utiles dans les combats contre les FDLR parce qu’ils voient toutes les choses à partir d’une grande hauteur, d’une grande altitude » a annoncé le patron de la MONUSCO, Martin Kobler.
Ces drones ont été fabriqués en Italie, selon une source citée par France 24. « C’est une compagnie italienne qui a été choisie pour déployer les deux premiers drones de l’ONU », continue notre source.
C’est la compagnie dénommée Selex Ex, filiale de la géante Finmeccanica de l’Italie, qui va fournir deux premiers drones, dont le vol sera lancé aujourd’hui à Goma. Il s’agit des drones de surveillances, équipés des caméras de surveillances bien perfectionnés, pouvant même voir des objets à plusieurs kilomètres d’altitudes. Ces drones mesurent 7 mètres de diamètre.
Au départ, un diplomate occidental accrédité à Kinshasa, avait, sous couvert d ‘anonymat, souligné que les Etats Unis et la France avaient été approchés pour livrer les premiers drones de surveillance pour l’est de la RDC.
« Le centre de pilotage de ces drones est basé à Goma”, rapporte une source du Nord Kivu, toujours citée par France24, et une autre source précise que le patron de la Monusco dans cette partie de la RDC va conduire les cérémonies de lancement de ces activités de surveillance.
Si les rebelles du Mouvement du 23 mars 2012, M23, ont été mis en déroute par l’armée congolaise appuyée para la Brigade d’intervention des Nation Unies en novembre dernier, des dizaines d’autres groupes armés sévissent encore à l’est de la RDC.
Certains sont d’ailleurs d’origines étrangères, comme le FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, une rébellion hutue) dont certains de ses membres sont accusés d’avoir participé dans le génocide rwandais de 1994 qui a coûté la vie à plus de 800.000 personnes, essentiellement d’ethnie tutsie.
Selon l’ONU, les prochaines cibles sont les rebelles hutus Rwandais des FDLR opérant à l’est de la RDC depuis les années 1994.
« On va cibler les FDLR parce que c’est notre priorité militaire à cet instant. La première priorité, c’est la lutte contre les groupes FDLR ici, dans la région et dans tout le pays » Martin Kobler a déclaré jeudi dernier sur les ondes de la Radio Okapi.
L’annonce de l’usage des drones de surveillance avait été faite une année avant sa mise en application. En novembre 2012, les Nations Unies avaient déclaré être tentée par l’usage des drones de surveillance non seulement sur les frontières du Rwanda et de la RDC, mais aussi pour repérer les mouvements des groupes armés dans la région de l’est de la République Démocratique du Congo.
Le Rwanda, l’un des 15 membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies s’était plutôt opposé à l’usage de ces drones de surveillance à l’est de la République Démocratique du Congo.
L’Ambassadeur Rwandais au sein des Nations Unies Eugène Richard Gasana avait préféré ne rien dire, en janvier 2013, arguant que son pays « était en position inconfortable pour dire un mot en tant que pays frontalier avec la RDC parce que les gens pourraient le percevoir autrement».
La surveillance des frontières entre la RDC et le Rwanda était l’une des propositions des experts des Nations Unies sur le Congo, dans leurs rapports. Ces experts avaient souligné l’existence des preuves selon lesquelles, l’armée rwandaise et ougandaise avait apporté de soutien aux rebelles du M23.
Cette équipe des experts avait aussi demandé l’usage des bracelets électroniques pour la surveillance des frontières entre les deux pays.
Le Rwanda avait pourtant rejeté ses allégations, soulignant qu’aucun de ses hommes n’a jamais quitté son territoire pour aller combattre au Congo dans les rangs des rebelles du M23.
En 2010, le Conseil de Sécurité, avait donné à la Monusco, dans la Résolution 1925 l’autorisation d’utiliser tous les moyens, pour sécuriser les civils qui sont souvent cibles des groupes armés.




