
Une semaine après les inondations dans le nord de la ville de Bujumbura, des centaines de sinistrés n’ont pas encore été logés, selon notre constat au chef lieu de la Commune Kinama, au nord de Bujumbura.
Assises devant le bureau communal de Kinama, les femmes essaient d’oublier leur malheur. Selon certaines d’entre elles, les conditions de vie sont pratiquement impossibles. A part qu’elles n’ont pas quoi mettre sous la dent, ces femmes disent ne pas avoir du savon pour se laver et laver leurs habits.
Des mouches sont alors au rendez-vous et une odeur nauséabonde se dégage, chaque fois qu’on s’approche de ce groupe, dont le nombre exact est méconnu.
Attroupées sous un arbre, qui sert d’abris à ces femmes depuis une semaine, ces femmes et leurs enfants sont exposés au froid. Les mouches volent de casseroles en casseroles et certaine de ces femmes montrent leur indignation face à la léthargie des services de l’Etat et des humanitaires.
Nyankumi, 35 ans est sinistrée, venue de la localité de Gatunguru, l’une des localités gravement affectées par les inondations.
Elle témoigne que depuis son arrivée « devant le bureau de la Commune de Kinama, pas une seule graine de riz ou de mais de la part du Gouvernement ».
Nyankumi dit avoir tout simplement reçu des sœurs de Mutoyi quelques kilogrammes de riz et de haricots, qui sont venu les voir vers mercredi dernier.
« Pas même une moustiquaire », déplore Nyankumi, mère d’une fillette de 4 mois.
Selon elle, sa fillette est exposée aux moustiques depuis lundi dernier, pas même une couverture.
Les sources trouvées sur place, disent que, cette jeune femme, de même que d’autres centaines de déplacés suites aux pluies diluviennes qui ont fait plusieurs dizaines de morts.
Devant le bureau communal de Kinama, des femmes, portant des enfants, sont assises, du matin au soir. Certaines d’entre elles disent manger une fois par jour. D’autres disent faire face au manque de lieux d’aisance, tandis que d’autres craignent pour les futures inondations dans des quartiers dont les caniveaux sont moins curés.
Mais pour Spéciose Mpayimana, la confection des listes des bénéficiaires des aides dans son quartier Muyinga dans la Commune de Kinama sont à douter.
« Le chef de quartier le fait par clientélisme et ceux qui ne sont pas affectés par les inondations se retrouvent sur les listes alors que les rescapés ne le sont pas ».
Cette mère de cinq enfants, révèlent que depuis l’avènement des inondations, elle et ses deux enfant sont devant cette commune, en compagnie avec les autres venus de Gatunguru, le quartier durement touché. Elle sans habits, sans aliments, sans même une couverture et sont à la merci des insectes la nuit, tels que les moustiques.
Le chef de quartier Muyinga accusé se défend. Michel Nzobonayo explique que les « sinistrés sont difficiles à gérer ». Selon lui, les listes dont il est question ont été élaborées, lundi dernier quelques heures après la déclaration des inondations. Il souligne qu’elles résultent des enquêtes faites par lui et les chefs de rues ou avenues. Mais il souligne que le Conseil Communal de Kinama a mandaté d’autres enquêteurs pour faire de nouvelles listes à présenter aux organisations pour donner des aides à ces sinistrés.
Non loin de ce bureau se trouve un autre groupe. Ceux qui ont été casés par la Croix Rouge. Faisant le tour de ce camp, un des agents de la Croix Rouge souligne que ceux qui sont devant le site ne sont même pas autorisés d’y entrer. La place est saturée !
Selon une source de cette organisation trouvée sur place, au moins 1.458 ménages sont recensés dans ce camp des sinistrés.
« Nous avons de l’eau, des toilettes, des aliments et des savons. Nous avons aussi des douches pour les femmes et d’autres pour les hommes », renchérit une femme, visiblement nageant dans sa trentaine.
A coté d’elle, le partage des aides, surtout les aliments étaient en cours. Des patates douces, des bananes, des choux, des haricots et des mais étaient en train d’être servis aux sinistrés, a-ton constaté sur place.
Au total dans ce camp, 5 ou 6 personnes logent ensemble, nous révèle une autre femme trouvée loin de la première. Selon elle, il y a des parties de ce camps qui n’ont pas encore été servie en vivre alors que d’autres ont quoi manger sans problèmes.




